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Attention : plantes au travail, 1re partie

Marais filtrant de la Biosphère
Credit: Jacques Brisson
Marais filtrant de la Biosphère
  • Marais filtrant de la Biosphère
  • Phytoremediation using willows on a contaminated site
  • An example of rainwater management in Portland, Oregon
Attention : plantes au travail, 1re partie

À l’occasion de la 14e conférence internationale sur les phytotechnologies qui se tenait à Montréal en 2017, la ville accueillait 300 experts du monde entier pour discuter des phytotechnologies. Ce n’est pas par hasard si Montréal a été choisie comme ville d’accueil : l’équipe du Jardin botanique de Montréal et de l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) fait figure de leader dans le domaine. Le chercheur Jacques Brisson vous présente un survol des phytotechnologies en deux volets…*

Elles travaillent pour nous sans relâche, ne se plaignent jamais et n’exigent aucun salaire. Les besognes qu’on leur assigne sont variées, mais toutes contribuent à l’amélioration de l’environnement. Qui sont ces ouvrières modèles ? Les plantes, voyons ! Et comment s’appelle ce métier qu’elles pratiquent ? La phytotechnologie !

Voyons quelques exemples de phytotechnologies qui épurent l’eau et le sol, restaurent des sites dégradés et retiennent l’eau de pluie :

Les marais filtrants

Ce sont des marais artificiels qui ont pour objet de traiter une eau usée qui leur est acheminée. Le principal rôle des plantes est de favoriser le travail de la flore microbienne qui effectue les transformations biologiques d’épuration. Bien que la principale fonction des marais filtrants soit le traitement des eaux usées domestiques, les scientifiques ont développé dans les dernières décennies toute sorte d’approches et de designs de marais filtrants destinés aux eaux industrielles, piscicoles, agricoles, etc. La première station du parcours des phytotechnologies au Jardin botanique, les marais épurateurs, prend forme, et sera accessible au public en 2018.

La phytoremédiation

En accumulant les métaux lourds dans leur tissu ou en maintenant une flore capable de dégrader des produits organiques dans leur rhizosphère, les plantes contribuent à débarrasser le sol ou l’eau d’éléments polluants potentiellement toxiques. Il devient alors facile — et économique — de disposer des résidus végétaux contaminés. L’utilisation des plantes et de leurs communautés associées comme outil de décontamination constitue donc dans certains cas une alternative intéressante aux méthodes traditionnelles très coûteuses de décontamination des sols.

Systèmes végétalisés de gestion des eaux pluviales

Ces systèmes, qui incluent les zones de biorétention, les bandes végétalisées et les bassins de rétention végétalisés, ont pour objet de retenir, filtrer, traiter et permettre l’infiltration des eaux pluviales et de ruissellement réduisant ainsi le débit de pointe et le volume d’eau acheminé vers le milieu récepteur ou les égouts pluviaux.

L’utilisation du travail des plantes, canalisé dans le développement des phytotechnologies, offre des solutions prometteuses pour faire face aux enjeux environnementaux modernes. Les techniques sont sans cesse améliorées et les efforts de recherche se poursuivent afin d’optimiser les performances ; ce sur quoi se penchent activement nos équipes de recherche.

En savoir plus sur le parcours des phytotechnologies du Jardin botanique.

Découvrir d’autres phytotechnologies : Attention : plantes au travail, 2e partie

Merci à Danielle Dagenais, professeur et spécialiste des végétaux et de la phytotechnologie à l’École d’architecture de paysage de l’Université de Montréal, pour sa collaboration à la rédaction de ce texte.

* Ce texte est une adaptation d’un article paru dans la revue Quatre-Temps, Printemps 2011 (vol 35, no 1, pages 11-12) avec l’accord des auteurs.

 

Jacques Brisson est chercheur à l’IRBV et titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG/Hydro-Québec en phytotechnologie. Avec ses collègues de l’IRBV et du Jardin botanique de Montréal, Mohamed Hijri, Michel Labrecque, Frédéric Pitre et Marc St-Arnaud, ils forment l’un des plus importants groupes de recherche sur les phytotechnologies au monde.

 

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