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Éclipses totales de Soleil : un prétexte au voyage!

Ombre de la Lune et bande de totalité.
Credit: Planétarium / Espace pour la vie
Ombre de la Lune et bande de totalité.
  • Ombre de la Lune et bande de totalité.
  • Malgré ses 14 700 kilomètres de longueur, la bande de totalité de l’éclipse du 8 avril 2024 ne couvre qu’une petite fraction de la surface de la Terre.
  • Éclipses totales (en bleu) et annulaires (en rouge) de 2021 à 2030.
  • L’éclipse totale du 4 décembre 2021 vue à 12 500 mètres d’altitude, au large de l’Antarctique.
  • L’éclipse totale du 22 juillet 2009 observée depuis le point de plus longue durée, dans le Pacifique, au large du Japon.
  • Panorama de l’éclipse totale du 21 août 2017 en Idaho, dans l’ouest des États-Unis.
Éclipses totales de Soleil : un prétexte au voyage!

L’éclipse totale de Soleil du 8 avril 2024, observable dans le sud du Québec, est l’occasion de réfléchir sur la rareté de ces phénomènes grandioses. Nous avons la chance de vivre cet événement exceptionnel! Cependant, de façon générale, si vous attendez sagement sur votre perron que l’ombre de la Lune passe chez vous, on estime qu’il faudrait patienter en moyenne… 360 ans entre chaque éclipse! Dans les faits, il peut s’écouler aussi peu que 18 mois entre deux éclipses totales à un endroit donné sur Terre. Mais l’intervalle peut facilement atteindre plusieurs siècles, voire quelques millénaires pour les plus malchanceux… 

La rareté relative des éclipses totales 

Les éclipses solaires ne sont pourtant pas si rares : il s’en produit au moins deux par année, parfois trois, et même jusqu’à quatre lorsqu’elles surviennent au bon moment dans le calendrier. Mais seulement le tiers environ des éclipses solaires sont totales, les autres étant partielles ou annulaires.

La rareté relative des éclipses totales de Soleil est surtout le fait d’une terrible injustice géographique :  elles ne sont véritablement totales que le long d’un étroit corridor à la surface du globe, la bien nommée bande de totalité. Cette bande pour l’éclipse du 8 avril s’étire du Pacifique à l’Atlantique sur près de 15 000 kilomètres, mais elle n’en fait que 200 de largeur tout au plus. Cela ne représente qu’une infime fraction de la surface terrestre, soit à peine 0,5% dans ce cas-ci. En revanche, dans une très vaste zone de part et d’autre de ce ruban de noirceur, on pourra observer une éclipse partielle à divers degrés. Ailleurs sur Terre, il n’y a tout simplement pas d’éclipse visible.

On peut imaginer la bande de totalité comme un coup de pinceau que l’ombre de la Lune dessine sur le globe. Son tracé sinueux vient du déplacement de notre satellite naturel sur son orbite et de la rotation de la Terre sur son axe. L’ombre lunaire ressemble à un très, très long cornet de crème glacée — un cône dont la base à peu près circulaire épouse la circonférence de la Lune (3475 km de diamètre) et se termine en pointe environ 375 000 kilomètres plus loin. Notre « pinceau d’obscurité » se matérialise tout près de cette extrémité, là où le cône est le plus petit. Voilà pourquoi la bande de totalité est si étroite. 

La chasse aux éclipses, sport extrême ?

Si l’éclipse ne se présente pas à nous, c’est donc à nous d’aller vers elle. Certaines personnes sont d’ailleurs prêtes à franchir mers et montagnes pour vivre ou revivre les quelques minutes de magie d’une éclipse totale. Autrefois réservée à de rares équipes d’astronomes professionnels en mission scientifique, la démocratisation des voyages a fait de la chasse aux éclipses une activité ouverte à un nombre grandissant de personnes. Leur point commun ? Un désir de répéter la fabuleuse expérience de la totalité et de ressentir à nouveau les émotions qu’elle provoque. 

En examinant la trajectoire des éclipses sur une carte du monde, on constate que bien peu d’entre elles atteignent des régions densément peuplées, faciles d’accès et dotées d’un excellent réseau de transport. Elles touchent surtout des endroits reculés, voire inhospitaliers : océans lointains, forêts impénétrables, régions polaires et désertiques… Sans compter les zones de conflits qui deviennent inaccessibles. 

Il faut aussi considérer les données climatologiques des régions situées le long de la bande de totalité. Impossible de prédire la météo des mois ou des années à l’avance, mais certains sites sont statistiquement plus favorables que d’autres, même si un ciel sans nuage n’est jamais garanti… 

Rendez-vous avec l’ombre lunaire 

Sur terre, sur l’eau ou même du haut des airs, tous les endroits sont bons pour se retrouver au rendez-vous avec l’ombre de la Lune. Mais s’y rendre impose parfois une logistique lourde et dispendieuse, certaines destinations n’étant atteignables qu’à des coûts astronomiques. Les chasseurs et chasseuses d’éclipses ne disposent pas tous de budgets illimités…

Mais mettre les pieds en Antarctique, bivouaquer au milieu du Sahara ou visiter des îles du bout du monde demeurent des expériences inoubliables émaillées de rencontres humaines émouvantes. Autant sinon plus que l’éclipse qui a motivé le choix de ces lointaines contrées ! Car une éclipse totale de Soleil n’est qu’un prétexte au voyage qui nous emmène hors des sentiers battus, à la rencontre des autres et de soi-même. 

Gare à vous si vous attrapez la piqûre des éclipses le 8 avril : cela pourrait vous entraîner loin, très loin de votre perron… 

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