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L’humain, une invention de l’homme

Illustration de l'évolution de l'homme
L’humain, une invention de l’homme

Nous avons presque tous à l'esprit cette illustration de l'évolution de l'humain qui présente un singe recroquevillé se transformant et s'humanisant jusqu'à devenir un Homo Sapiens.

Cette conception de l’évolution est ancrée profondément dans notre pensée et il nous est difficile d’envisager que l’histoire se soit déroulée autrement qu’en suivant de façon linéaire ces différents stades. De primate recroquevillé, nous nous serions lentement redressés pour devenir l’homme social et pensant d’aujourd’hui : l’Homo sapiens. Pour Pascal Picq, paléoanthropologue français, il est primordial de reconsidérer cette image de l’évolution. Une image devenue banale qui induit de nombreuses erreurs dans les principes de l'évolution humaine. Prenons cette expression commune : « l’homme descend du singe ». Pour Pascal Picq, il s’agit d’une aberration, car elle sous-entend (tout comme l’image ci-contre) que l’homme se serait progressivement séparé de l’animalité au fil de son évolution. Dès lors, le singe et les hommes qui nous ont précédés sont affublés d’une image péjorative; ils ne sont pas évolués. Pas plus d’ailleurs que le monde végétal. Qui souhaiterait se voir réduit à l’état de légume? Ce type de représentation ne date pas d’hier, la tradition philosophique a depuis longtemps nourri l’idée de supériorité de l’humain sur toute forme vivante.

La supériorité de l’humain, une idée entretenue depuis des millénaires

Les premiers penseurs grecs ont défini la cité des hommes civilisés par opposition à la nature sauvage et sans loi. L’époque des Lumières a consacré l’humanisme et durant l’ère industrielle, c’est le progrès qui justifie l’exploitation massive des ressources naturelles. Une échelle de l’évolution, c’est fait pour monter! L’humain en est venu à se percevoir lui-même comme une finalité en soi, au cœur du cosmos, avec pour effet de se dissocier complètement des communautés écologiques auxquelles il appartient pourtant depuis des millions d’années. La question posée par Pascal Picq est aussi frappante que pertinente : « Comment prétendre nous élever quand tout le reste aura disparu par notre seule suffisance? »

L’évolution commune de l’homme et de l’animal

Selon le paléoanthropologue, il n’y a qu’une façon de combler le fossé qui s’est creusé entre l’homme et la nature : « il faut abandonner cette parabole et revenir à l’arbre du vivant, pour réhabiliter l’homme et l’animal dans le cadre de leur histoire commune, l’évolution. » Il nous invite à redécouvrir, par les sciences de la vie, notre rapport à la nature et le lien intrinsèque qui existe entre notre évolution et la biodiversité. « Nous sommes maintenant une espèce qui par son succès évolutif pèse sur cette terre, si bien que nous en sommes devenus responsables. » Susciter la réflexion sur notre vision du monde, sur notre lien à la nature, repenser l’humain et son rôle dans l’évolution en cours. C’est précisément ce que nous vous invitons à faire le 8 novembre prochain en compagnie de Pascal Picq, dans le cadre des Grandes Conférences d’Espace pour la vie.

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3 Commentaire(s)
Portrait de Karine
Karine

Quelle réflexion intéressante que nous propose Vanessa La Haye par le biais du paléoanthopologue PAscal Picq.
Merci :-)

Portrait de Florence Bergeron
Florence Bergeron

Dommage que je ne puisse assister à cette conférence, le sujet m'intéresse et je voudrais en savoir plus.

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