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La fascinante capacité de clonage chez les insectes

Phyllium letiranti, une des espèces capables de se reproduire par la reproduction sexuée et la parthénogenèse.
Credit: Espace pour la vie (Jennifer De Almeida)
Phyllium letiranti, une des espèces capables de se reproduire par la reproduction sexuée et la parthénogenèse.
  • Phyllium letiranti, une des espèces capables de se reproduire par la reproduction sexuée et la parthénogenèse.
  • Oeufs de phyllies.
  • Heteropteryx dilatata, une des espèces capables de se reproduire par la reproduction sexuée et la parthénogenèse.
  • L’Achrioptera manga utilise le mode de reproduction sexuée uniquement.
La fascinante capacité de clonage chez les insectes

Saviez-vous que les insectes étaient capables de se cloner? C’est-à-dire d’avoir une progéniture sans avoir besoin de se reproduire avec un partenaire? Cela s’appelle la parthénogenèse.

Qu’est-ce que la parthénogenèse?

Contrairement à la reproduction sexuée où la fécondation est réalisée par la fusion de deux gamètes provenant d’un mâle et d’une femelle, la parthénogenèse est un mode de reproduction asexuée. Elle permet à une femelle de se reproduire même en l’absence d’un mâle. Ainsi, les femelles de certaines espèces ont la capacité de développer de nouveaux embryons en utilisant uniquement leur propre matériel génétique. Le nouvel individu est donc généralement identique à la mère.

Les insectes sont-ils tous capables de se cloner?

Ce ne sont pas toutes les espèces d’insectes qui sont capables de se cloner. La parthénogenèse a évolué principalement chez les espèces dont les mâles sont peu disponibles dans la nature ou chez celles qui vivent dans des milieux défavorables. Ainsi, ce type de reproduction est le plus souvent observé dans les îles ou les déserts.

Parmi les insectes capables de se cloner, citons les guêpes, les abeilles, les fourmis, les pucerons, les charançons, les blattes, les phasmes, les phyllies...

Comment les insectes utilisent-ils la parthénogenèse?

La plupart des espèces utilisent la reproduction sexuée et la parthénogenèse en alternance durant leur vie. À l’Insectarium de Montréal, mon collègue Mario Bonneau, technicien en entomologie, élève plusieurs espèces de phasmes* et de phyllies*, et toutes sont capables de se reproduire de ces deux façons. Autrement dit, elles ont le choix! C’est le cas, par exemple, du phasme Heteropteryx dilatata. Lorsqu’une femelle pond ses œufs, nous les prélevons et les mettons à incuber dans de petites boîtes où l’humidité est contrôlée afin de leur donner toutes leurs chances. L’un des faits les plus intéressants est que le développement d'un œuf issu de la parthénogenèse ne suit pas le même développement qu’un œuf issu d’une fécondation. Mario Bonneau a ainsi pris de nombreuses données sur cette espèce et observé qu’un œuf fécondé prenait en moyenne 11 mois à éclore, tandis qu’un œuf parthénogénétique mettait environ 2 ans à éclore!

Certaines espèces utilisent presque exclusivement la parthénogenèse, comme la phyllie Phyllium giganteum. Cette espèce est représentée majoritairement par des femelles, les mâles étant extrêmement rares dans la nature et n’ont jamais été observés en captivité. Ainsi, tous les élevages de Phyllium giganteum à travers le monde sont composés uniquement de femelles, tout comme celui de l’Insectarium!

Quels sont les avantages?

La parthénogenèse permet à une femelle de se reproduire même lorsqu’elle ne rencontre pas de mâles dans son environnement. Cela lui permet également d’obtenir une progéniture à la période exacte voulue, ce qui est un avantage dans les milieux aux conditions de vie difficiles. Cependant, comme chaque individu est génétiquement identique à la mère, les populations parthénogénétiques sont plus sensibles aux maladies et plus susceptibles de s’éteindre rapidement au cours de l’évolution.

Les insectes sont-ils les seuls à pouvoir se cloner?

De nombreux animaux peuvent se reproduire par parthénogenèse et les découvertes scientifiques ne cessent de s’accumuler. Parmi ces animaux, citons certaines espèces de reptiles (serpent Python, dragon de Komodo), poissons (requin-zèbre), crustacés (écrevisse marbrée), amphibiens (salamandre), oiseaux (dindon)...

Il y a quelques années, la découverte d’un acarien, Oppiella nova, a surpris de nombreux scientifiques puisque cette espèce n’a jamais créé de mâles et se reproduit exclusivement par parthénogenèse depuis des millions d’années!

Bientôt sous vos yeux!

Si vous désirez en apprendre plus sur la parthénogenèse, ne manquez pas l’ouverture prochaine du nouvel Insectarium de Montréal et venez vous émerveiller devant des insectes ayant cette capacité fascinante!

* Phasme : insecte bâton
* Phyllie : insecte feuille

Bibliographie

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