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Le télescope spatial James Webb révèle ses premières images

L’amas de galaxies SMACS 0723 a permis au télescope spatial James Webb de réaliser cette image de champ profond. Certaines galaxies sont situées à 13,1 milliards d’années-lumière de la Terre.
Credit: NASA/ESA/ASC/
L’amas de galaxies SACS 0723
  • L’amas de galaxies SACS 0723
  • La nébuleuse de l’Anneau australe
  • Le Quintette de Stephan
  • La nébuleuse 3324
Le télescope spatial James Webb révèle ses premières images

La NASA a révélé le 12 juillet 2022 les toutes premières images prises par le nouveau télescope spatial James Webb. Les cinq clichés nous montrent l’incroyable résolution optique du télescope Webb, laissant présager un futur très prometteur pour cet observatoire spatial.

Plus de 20 ans d’attente

Le télescope spatial James Webb a été lancé le 25 décembre 2021, après plus de 20 ans de travail acharné. Les six premiers mois ont servi à la mise au point des différents instruments et composantes de l’observatoire.

Les astronomes du monde entier et le grand public attendaient avec beaucoup d’impatience de voir les premières images du télescope Webb. En voyant ces clichés, nul doute que l’attente en valait la peine : les images sont tout simplement à couper le souffle! On y perçoit des détails qu’aucun autre télescope n’avait été capable de révéler auparavant.

Regardons d’un peu plus près ces photographies.

Une vue sur l’Univers lointain

La première image qui a été diffusée avait pour cible l’amas de galaxies SMACS 0723, situé à 4,5 milliards d’années-lumière de nous. Ce sont les taches blanchâtres au centre de l’image. L’immense masse de l’amas déforme l’espace-temps autour de lui, amplifiant la lumière des galaxies plus lointaines qui se trouvent derrière. Ces dernières forment des taches orangées étirées autour de l’amas. Certaines des galaxies sont situées à 13,1 milliards d’années-lumière.

Ce cliché a nécessité 12 heures d’exposition et ne couvre qu’une toute petite région du ciel. Mais déjà on peut voir que la quantité et surtout la résolution des détails observables sont saisissants. Il s’agit de l’image la plus profonde et la plus nette de l’Univers obtenue jusqu’à maintenant.

De l’eau dans l’atmosphère d’une exoplanète

L’instrument canadien monté sur le Webb, le spectro-imageur NIRISS, a réalisé le spectre de l’atmosphère de l’exoplanète WASP 96b. Cette méthode permet de dévoiler la composition chimique du sujet observé. On voit dans le spectre de l’exoplanète la signature de vapeur d’eau à travers des nuages dans l’atmosphère. Ces observations sont intéressantes, car l’exoplanète gazeuse WASP 96b est si près de son étoile qu’elle en fait le tour en seulement 3,5 jours et la température de l’atmosphère dépasse les 750°C.

Spectre de l’atmosphère de l’exoplanète WASP 96b obtenu par l’instrument canadien NIRISS. Source : NASA/ESA/ASC/STScI

Spectre de l’atmosphère de l’exoplanète WASP 96b obtenu par l’instrument canadien NIRISS. Source : NASA/ESA/ASC/STScI

L’anneau austral dans toute sa splendeur

Le télescope Webb a pointé ses deux principales caméras vers la nébuleuse NGC 3132, aussi appelée nébuleuse de l’Anneau australe. Les clichés de la nébuleuse montrent une quantité de détails inégalée. La nébuleuse a été produite par une étoile en fin de vie, une naine blanche, qui a éjecté une grande partie de ses couches externes. Le cliché de l’imageur NIRCAM révèle la complexité des structures dans l’anneau de gaz en expansion. L’étoile très brillante au centre de la photographie est la compagne stellaire de la naine blanche, qui est masquée par l’intense luminosité environnante. Sur l’image de l’Instrument MIRI, on distingue très nettement, pour la première fois, la naine blanche.

Des galaxies en interaction

Le Quintette de Stephan est un groupe de galaxies connu depuis le 19e siècle. Quatre galaxies du groupe sont liées gravitationnellement et exécutent un majestueux ballet cosmique depuis des millions d’années. La galaxie à gauche sur la photo n’est située qu’à 40 millions d’années-lumière de nous, comparativement à 290 millions pour le groupe en interaction. Grâce au télescope Webb, on aperçoit des structures de gaz et d’étoiles entre les galaxies en interaction, témoignant des forces gravitationnelles colossales impliquées ici. De part et d’autre de la galaxie située en haut du cliché, on peut aussi distinguer des jets de matière émanant du trou noir supermassif qui siège en son centre.

Une pouponnière truffée d’étoiles

Le dernier cliché montre la nébuleuse NGC 3324 dans la Carène, une vaste région de formation d’étoiles dans la Voie lactée. Le télescope Webb est spécialement conçu pour scruter ces régions de poussière et de gaz. L’image du Webb dévoile des régions de poussières sculptées par le rayonnement intense de jeunes étoiles en formation qui sont visibles pour la première fois au télescope. C’est dans ce genre d’environnement que le Soleil et les planètes du système solaire sont nés, il y a 4,5 milliards d’années.

Un avenir prometteur

Au cours des prochaines semaines, le télescope James Webb poursuivra sa collecte d’images saisissantes, qui seront diffusées rapidement au grand public. À compter de l’automne 2022, les astronomes ayant obtenu du temps d’observation prendront le relais. À la lumière des premières images, aucun doute que le télescope spatial James Webb n’a pas fini de nous émerveiller. Une belle histoire à suivre…

Lire aussi:

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