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Les balados nobELLES - Transcription - Épisode 7 - Vera Rubin

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Balados nobELLES

 Épisode 7 - Vera Rubin

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nobELLES raconte l’histoire des femmes qui ont changé le monde avec leur découverte, mais que leurs contemporains ont préféré royalement ignorer. Ici, on remet les pendules à l’heure, on oublie les gants blancs, on met les points sur les i et on en tire des leçons à appliquer aujourd’hui!

hr - nobELLES

La matière noire semble une idée farfelue. La majorité de toute la matière dans l’univers serait entièrement différente de celle qu’on connaît sur terre — cette thèse a longtemps été reçue avec des roulements d’yeux par la communauté scientifique, jusqu’au jour où une femme, Vera Rubin a forcé son chemin jusqu’aux télescopes dont on barrait l’accès aux femmes et a révolutionné notre compréhension de l’univers…

« Oui c’est vrai, quand tu t’exprime publiquement, tu dois être capable de prendre une critique, tu dois etre capable de composer avec quelqu’un qui sera pas d’accord avec toi, c’est juste que je trouve que quand on est une femme dans les média, y’a des insultes que mes camarades masculins ne reçoivent pas. »

Quand Vera Rubin est enfant, dans les années 1930, sa famille déménage de Philadelphie à Washington. Dans sa nouvelle maison, le lit dans sa chambre est placé sous une fenêtre qui est orientée vers le Nord. Et tous les soirs, elle regarde le ciel et contemple les étoiles. Parfois, elle reste éveillée pendant des heures pour les regarder. C’est le meilleur moment de sa journée.

Un jour, elle apprend à l’école qu’il existe une discipline qui permet d’étudier le ciel : l’astronomie. Elle déclare à ses parents que c’est ce qu’elle veut faire quand elle sera grande.

À cette époque, les États-Unis ne se sont toujours pas sortis de la Grande dépression, la longue récession qui a suivi le krach boursier de 1929. Son père, heureusement, a conservé son emploi. Il est ingénieur et la famille Rubin est épargnée par les plus grandes difficultés de l’époque. Mais le père de Vera s’inquiète quand même pour l’avenir de ses enfants et il a peur que sa fille ne réussisse pas à gagner sa vie en tant que femme si elle va en science.

Mais elle est si passionnée que quand elle demande à son père de l’aider à construire un télescope, il accepte.

C'est un instrument rudimentaire, qu'ils l’ont fait en carton, mais qui lui permet quand même de commencer à observer les météorites dans le ciel.

Un jour, alors qu’elle est au secondaire, un professeur de physique fait un commentaire étrange à la classe. Il déclare qu’il existe deux types de découvertes scientifiques : celles qui demandent du génie, et celles qui demandent un travail acharné. Il associe les premières, le génie, à des hommes, et les secondes… à Marie Curie. À la fin de l’année, il recommande d’ailleurs à Vera de ne pas aller en science.

Elle ne l'écoute pas. À 18 ans, elle tente de rejoindre le programme d’astronomie de Princeton. C’est un programme très réputé. Mais malheureusement l'Université n’accepte pas les femmes et rejette sa candidature. Elle se rend donc à Vassar, une université réservée aux femmes. Elle est la seule diplômée en astronomie de sa promotion en 1948.

Pendant cette période, elle rencontre un étudiant en physique qui s’appelle Robert Rubin. Ils se marient alors qu’ils sont encore étudiants.

Rendue au 2e cycle, Vera est acceptée à Harvard. Mais Robert, lui, étudie à Cornell. On est dans les années 40, et il va de soi que c’est à la femme de suivre son mari. Vera renonce alors à Harvard, et, après avoir accouché d’un premier enfant, elle se rend elle aussi à Cornell.

À cette université, Vera s’intéresse à une question qui n’a pas encore trouvé de réponse : est-ce que l’univers est en rotation de la même manière que le système solaire?

Cette question a été explorée par un célèbre professeur, George Gamow. Vera ne peut pas assister à son séminaire parce qu’il y refuse les femmes mariées. De son côté, elle se met à parcourir les données à ce sujet-là, et elle observe qu’il y a un étrange mouvement latéral qui pourrait être interprété comme une rotation de l’univers. Elle présente son idée à son directeur de thèse, William Shaw. Il lui dit que son travail est bâclé, mais il lui propose quand même ceci :

« Je pourrais le présenter sous mon nom lors de la prochaine conférence d’astronomie à Philadelphie… »

Vera refuse catégoriquement. Même si elle n’est qu’une étudiante, ce sont ses idées à elle, et elle ne veut pas que son prof en prenne la paternité. Elle lui dit qu’elle va les présenter elle-même à Philadelphie.

Alors avec son nouveau-né, son mari et son père — le seul dans la famille qui possède une voiture — elle se rend de New York à Philadelphie en plein hiver.

Elle fait sa présentation à la conférence sous le titre « La rotation de l’univers ». Quand elle a fini de parler, c’est le silence dans l’assistance. Puis un homme lève la voix et critique sévèrement sa théorie. Un autre l’imite, et un autre encore. Bientôt, des moqueries se mêlent aux critiques. La discussion est acrimonieuse. Vera est surprise et déçue.

Un seul scientifique, Martin Schwarzschild, va la rencontrer plus tard pour l’encourager.

« Votre idée intéressante, mais il vous faut plus de données pour pouvoir en tirer une conclusion. »

Elle se dit qu’il a raison.

Son papier n’est jamais publié.

Après ça, Vera décide de mettre l’astronomie sur pause. Elle n’est plus certaine d’avoir ce qu’il faut pour être scientifique. Elle préfère arrêter et se concentrer sur sa famille. Elle veut être une bonne mère et une bonne épouse. Pendant 6 mois, elle passe beaucoup de temps à la maison avec son fils, elle fait la cuisine et prépare l’arrivée du prochain bébé. Elle a 23 ans, elle veut adhérer à ce style de vie, celui de mère au foyer qui est la norme. Et puis, elle adore son fils. C’est normal, donc, de concentrer toute son énergie sur lui…

Un jour qu’elle est au parc, elle lit une revue d’astrophysique qu’elle a apportée pendant que son fils joue dans le carré de sable. À un moment donné pendant sa lecture, à sa surprise, des larmes se mettent à couler sur ses joues. Elle cache son visage derrière la revue. Elle réalise à quel point la recherche lui manque. Elle commence à se demander pourquoi elle doit passer toutes ses journées avec son enfant au nom de l’amour qu’elle a pour lui, alors que son mari, qui aime autant leur enfant qu’elle, va quand même au travail.

Le soir, elle en parle à Robert, et ils décident ensemble qu’ils doivent s’arranger pour qu’elle puisse retourner aux études, même si ça va compliquer leur vie de famille.

Elle commence son doctorat à Georgetown alors qu’elle est enceinte de son deuxième enfant.

Cette fois, elle étudie la vitesse de déplacement des étoiles. Elle a la théorie suivante : les galaxies ont tendance à se regrouper entre elles pour former des amas plutôt qu’à se disperser, comme on le croit.

Aujourd'hui, sa thèse fait maintenant partie intégrante de la connaissance en astronomie, mais à l’époque, elle passe inaperçue.

Après ses études à Georgetown, Vera devient, en 1965, la première femme autorisée à travailler à l’Observatoire Palomar en Californie.

Avant elle, les rares femmes qui utilisaient les télescopes de l’observatoire devaient cacher leur identité et s’inscrire avec le nom de leur mari pour obtenir un créneau horaire. 

Bien qu’elle ait l’autorisation de se trouver là, à sa première journée à l’observatoire, le directeur justifie la politique de l’établissement d’interdire les femmes en faisant valoir qu’il n’y a pas de toilettes pour femmes à l’observatoire.

Vera ne dit rien, mais à sa deuxième journée de travail, elle coupe trois bouts de bande adhésive blanche et les pose sur la porte pour dessiner une jupe sur le pictogramme « Homme ».

« Voilà : maintenant il y a une toilette pour femmes! »

Pas question de s’arrêter à cause de toilettes genrées!

C’est la première fois qu’elle a accès à de la technologie comme celle de l’Observatoire Palomar et elle adore ça!

Elle apprécie aussi son collaborateur, Kent Ford. Ensemble, ils se mettent à observer les quasars, qui sont des entités astrales auxquelles s’intéressent énormément de scientifiques à travers la planète.

Dans sa vie personnelle, la conciliation famille-travail est difficile. Vera doit tous les jours quitter le laboratoire à 15 h pour aller s’occuper de ses enfants après l’école, et cela lui coûte une partie de son salaire. Ses collègues s’étonnent de sa capacité à trouver de l’énergie pour retourner travailler après, la nuit, pour scruter le ciel.

Mais même si elle y arrive pendant un temps, son rythme de travail l’épuise quand même. Elle trouve que le milieu de la science est très compétitif. Il y a une grande pression de performance, même pour ses collègues masculins qui n’ont pas, comme elle, à s’occuper en plus de leurs enfants parce qu’ils ont des femmes au foyer… Pour échapper à ça, pour ne pas se brûler, elle propose à Kent qu’ils orientent leurs recherches vers un champ de l’astronomie qui n’est pas aussi populaire que les quasars, pour qu’ils puissent ralentir le rythme de leurs recherches. Il accepte.

Ils tournent alors leur lentille sur la galaxie Andromède, qui est la voisine la plus proche de la nôtre, la Voie lactée. Ils regardent des étoiles au bord de la galaxie et ils mesurent leurs vitesses.

En regardant leurs données, ils sont très surpris. Leur hypothèse était que les étoiles plus proches du soleil tourneraient rapidement autour, alors que les étoiles plus éloignées iraient plus lentement. C’est ce que prévoit la loi de l’attraction gravitationnelle. Mais les étoiles éloignées se déplacent beaucoup plus vite que ce qu’ils avaient prévu.

Il y a donc un mystérieux phénomène qui se passe là-bas. Vera réentend toutefois dans sa tête la voix de Martin Schwarzschild à la conférence de Philadelphie. Elle ne veut pas refaire l’erreur de sa jeunesse.

« Il nous faut plus de données! »

Vera et Kent, bientôt rejoints par d’autres chercheurs, font une étude systématique des galaxies pour calculer la vitesse des étoiles. Ils prennent les mesures de 5 galaxies, puis 10, puis 20, 30 galaxies…

Pendant ce temps, Vera a un 3e enfant, puis un 4e.

Les données recueillies par le télescope sont enregistrées sur des cartes perforées, que Vera passe des heures à analyser dans un cagibi sous un escalier. Toutes montrent la même chose.

En 1933, un astrophysicien américano-suisse du nom de Fritz Zwicky a postulé une théorie alors qu’il était lui aussi à l’Observatoire Palomar… Il pense que les galaxies sont alourdies par la présence d’une matière invisible qui échappe aux télescopes : la matière noire.

Sa thèse, reçue comme une spéculation farfelue, n’a pas retenu l’attention.

Vera, elle, passe des mois à essayer de comprendre ce qu’elle observe. Un jour, elle se met à faire des croquis sur un morceau de papier, et soudain, elle comprend tout.

Si un halo de matière noire orne chaque galaxie, cela implique que la masse est répartie partout au lieu de se concentrer au centre, et la vitesse orbitale devient alors égale partout.

Elle croit que c’est ce qui explique aussi le comportement des étoiles. La matière noire ralentit la course des étoiles en périphérie des galaxies. Les données mesurées sont la première preuve qui consolide la théorie!

Vera pense que quand on observe le ciel, on ne voit que 10 % de toute la matière dont est constitué l’univers, et que tout le reste est de la matière noire.

Au début, ses premières observations et données sont accueillies avec méfiance de la part des autres scientifiques. Ça semble toujours absurde, cette idée de la mystérieuse matière noire.

Mais l’attitude des confrères change en 1985, quand Vera présente l’ensemble de ses résultats devant l’Union astronomique internationale. Elle a maintenant mesuré la vitesse des étoiles provenant de 60 GALAXIES!

« La nature nous a joué un tour. Nous avons jusqu’ici étudié une matière qui ne représente qu’une petite fraction de l’univers. Le reste est composé d’une chose que nous ne comprenons pas et que nous ne pouvons pas voir. »

Face aux données provenant d’autant de galaxies, la communauté astronomique n’a plus le choix : elle doit prendre au sérieux cette théorie.

À partir de ce moment, la recherche sur la matière noire explose, des physiciens présentent le cadre théorique qui appuie les observations de Vera.

Maintenant très respectée, Vera poursuit ses recherches, et elle se met à recevoir des récompenses scientifiques. Plus la crédibilité de la thèse grandit au fil des ans, plus elle obtient de reconnaissance, jusqu’à être considérée comme une candidate sérieuse pour le Nobel de physique…

Mais elle n’est jamais choisie.

Plusieurs pensent que c’est une grande erreur, comme l’astronome Emily Levesque.

« Le testament d’Alfred Nobel stipule que le prix de physique récompense “la plus importante découverte”. Si la matière noire ne satisfait pas à cette description, alors je ne vois pas quoi d’autre pourrait le faire ».

Emily Levesque fait cette déclaration en octobre 2016, alors que Vera Rubin a 88 ans.

Deux mois plus tard, la désormais célèbre astronome s’éteint dans sa chambre, les yeux fixés, à travers la fenêtre… sur le ciel.

Aujourd’hui, on considère comme parfaitement valide la thèse de l’existence de la matière noire, grâce à elle…

hr - nobELLES

Lili - Je suis certaine que beaucoup de gens, de femmes surtout, peuvent se reconnaître dans l’histoire de Vera Rubin, dans les échecs qu’elle a vécu. Et son histoire est inspirante, je trouve parce que, même si elle semble avoir été sur le point d’abandonner à certains moments, elle ne l’a finalement pas fait et elle a eu raison. Elle est retournée à sa quête, même si c’était difficile. Sa persévérance, sa résilience donne envie de ne pas se laisser décourager nous non plus quand on a envie de jeter la serviette. J’en discute avec une autre femme qui, selon moi, incarne la résilience Geneviève Pettersen, qui est autrice, animatrice et chroniqueuse. Elle commente l’actualité avec un angle sociologique. Elle a été dans les controverses, elle s’est souvent fait critiquer. Elle a fait une sortie publique contre les trolls, qui avait beaucoup retenu l’attention en 2017. Je l’ai aussi vu de loin dans des tourbillons médiatiques qui me donnaient le vertige à moi. Alors j’ai voulu parler avec elle de comment elle arrive à continuer à faire ce qu’elle fait malgré l’adversité. Geneviève Bonjour.

Geneviève - Salut.

Lili - Comment ça va?

Geneviève - Ça va bien, mais tu te dis quand t’as dit, je n’aime pas ça quand on me dit ça, que je suis résiliente. Ça me fait toujours tiquer parce que… C’est peut-être moi qui a une mauvaise définition de la résilience.

Lili - C’est quoi ta définition?

Geneviève - Je n’ai pas de définition, mais c’est comme si on était en train de me dire que j’acceptais tout ce qui est en train de se passer par rapport à moi dans l’espace social. Puis, que je tendais l’autre joue comme Jésus, je ne sais pas, il y a un côté de moi, qui est tellement, qui est tellement pas comme ça. Mais en même temps, réfléchissons à ça, peut-être que je suis résiliente.

Lili - Mais tu te vois comment toi? Parce que tu sais à quoi je fais référence, que tu as été souvent...

Geneviève - Moi je suis chroniqueuse dans la vie pendant très longtemps dans différents médias dont le Journal de Montréal, j’ai animé une quotidienne aussi à la radio, dans une radio parlée, une radio où on fait, entre guillemets, de l’opinion. Moi, j’aime ça discuter dans la vie, pas créer de la polémique, pas choquer. Je n’ai jamais eu l’intention, ça ne m’est jamais arrivé de me lever un matin et pis de faire : « Oh mon dieu, moi aujourd’hui, on va faire un texte, vous allez voir, ça va mettre le feu! » Non, mais avec le recul, des fois, il y a des textes que j’aurais peut-être écrit autrement si j’avais été dans un autre état d’esprit ou si j’avais été chez un employeur qui, peut être, me poussait moins à faire réagir. Ce sont des questions qu’on peut se poser, mais c’est ça. Moi, je pense que je suis une personne qui aime discuter. Moi, j’aime ça discuter. Des fois, c’est drôle parce que je jase avec du monde et on échange des idées de façon peut-être un peu intense parce qu’on croit, on a des convictions.

Lili - Avec passion.

Geneviève - Et puis moi, je n’ai pas l’impression que c’est un échange très musclé. Plus des gens me disent après « Mon Dieu, c’était un échange musclé ». Et je suis comme « Ah oui! » Ça fait que c’est peut-être juste moi qui aie un problème finalement.

Lili - Ou que tu es faite forte!

Geneviève - Je pense que j’ai une tolérance à la chaleur qui est plus élevée que la moyenne. Peut-être à cause de mon contexte familial. J’ai eu un père qui était très, très dur. Donc, j’ai appris très jeune à encaisser beaucoup de choses et ça a des effets négatifs. Mais parfois, ça a un effet positif et celui-là en est un.

Lili - Et les effets négatifs, ça serait quoi?

Geneviève - Parce que je pense que quand je pense que quand tu es habitué d’encaisser des choses et d’accepter des choses, tu peux devenir dure avec les autres sans t’en rendre compte, très exigeante, très intransigeante aussi. Et je vieillis aussi. J’ai l’impression que quand j’étais peut-être, tu faisais allusion au début, à ma sortie contre les trolls et tout ça.. J’ai beaucoup changé, entre guillemets, dans mon militantisme.

Lili - OK.

Geneviève - Je sais même plus. Je ne pense pas que je me qualifierais de militante en ce moment pour quelle cause que ce soit, parce que je ne crois plus du tout en rien, en aucun absolu. Non, mais c’est-à-dire que j’ai des valeurs profondes…

Lili - Avec l’âge tu veux dire?

Geneviève - J’ai une vision beaucoup plus nuancée sur des concepts, sur l’être humain, parce que j’ai vécu des choses justement. Il m’est arrivé des choses, j’ai traversé des controverses.

Lili - Mais parlons-en de ton coup de gueule de 2017. Moi, ça m’avait marqué de voir la sortie que t’avais faite avec d’autres femmes.

Geneviève - Que je voulais plus écrire dans les journaux!

Lili - Ouais, c’est ça où vous vous parliez de votre écœurantite et que vous disiez un peu comme on veut, on a le goût de lâcher la serviette, les trolls c’est trop là.

Geneviève - Oui, oui. Et en même temps, c’est un peu leur donner une victoire que de se retirer parce que c’est ce qu’ils veulent au bout du compte, c’est nous faire taire en nous ramenant… Parce que tu sais, c’est dur, c’est dur d’être une femme dans l’espace public, d’être une femme avec des idées. Puis en même temps, je dis ça et je suis quand même privilégiée d’avoir des tribunes et ça, je le conçois aisément. C’est plus facile pour moi-même comme femme de m’exprimer dans l’espace public que pour bien des gens qui font partie des minorités. Ça, là, il faut se le dire. Je pense que c’est super important. Après ça, je suis un peu tannée du discours, quoique ça commence un peu à changer, comme quoi ça vient avec le territoire. Comme quoi si t’es une personnalité publique, tu dois encaisser certaines choses. Oui, c’est vrai quand tu t’exprimes publiquement, tu dois être capable de prendre une critique. Tu dois être capable de composer avec quelqu’un qui ne sera pas d’accord avec toi. Des fois, ça chauffe, des fois t’as des échanges justement assez corsés avec des gens. C’est juste que je trouve que quand on est une femme dans les médias, il y a des insultes que mes camarades masculins ne reçoivent pas. Tu sais, des insultes sur la sexualité, des allusions à mes enfants, sur mon couple et tout ça. Ça, à la longue, ça, ça use vraiment. Puis je me rendais compte que ça m’usait, mais pas à ce point-là. C’est dans des petites choses des fois de la vie quotidienne, qu’on fait. Et boy, je pense que ça m’atteint plus que je pense. Cette carapace-là, elle commence à craquer.

Geneviève - Pendant une certaine semaine de janvier, je pense, c’est vlà deux ans, j’ai été six fois à mon poste de police de quartier pour rapporter, porter plainte. Je veux dire vraiment pour des chroniques, pour des entrevues à la radio avec des scientifiques qui parlent de vaccination? Je veux dire moi, je n’ai pas signé pour ça là, et d’ailleurs, j’en profite pour souligner une chose. On demande de plus en plus aux personnalités médiatiques dans nos contrats un volet médias sociaux, c’est-à-dire d’être présent, de faire la promotion de ce qu’on fait sur les médias sociaux. Moi je ne signe pas ça. J’vais te dire pourquoi? Parce que moi je ne suis pas payée pour le service après-vente de ce qui vient avec, parce que c’est ce qui vient avec.

Lili - Ouais.

Geneviève - Et ça, je trouve qu’en ce moment, il y a des employeurs quand même qui commencent à avoir une certaine prise de conscience. En ce moment, je suis à Noovo et il y a vraiment une sensibilité là-dessus, d’accompagner les gens quand on vit par exemple une vague de haine.

Lili - Parce qu’en 2017, les femmes, c’était vraiment ton problème, le fait que tu reçoives des menaces ou comme tu gères ça toute seule-là.

Geneviève - Souvent ce qu’on se faisait dire par nos collègues chroniqueurs bah, si t’es pas capable, If you can’t stand the heat, get out of the kitchen! Mais moi, je trouve ça plus compliqué que ça, c’est drôle, hein? Moi, je suis capable assez de stand the heat là, mais des fois, la kitchen, j’avais vraiment hâte de sacrer le camp de là…

Lili - Des fois la chaleur, ça, elle n’est pas la même pour tout le monde non plus.

Geneviève - Bah non, elle n’est pas la même pour tout le monde. Et puis aussi, il faut quand même être… C’est là que la résilience peut-être embarque. Je pense qu’il faut en avoir envers soi-même quand on fait ce métier-là, parce que moi, il y a des journées. Tu dis, hey pas là, dans deux semaines. Quand je me sentirai forte parce que là, quand t’es forte. Tu fais, bon, tu le sais qu’est-ce qui va arriver. Donc là, ça arrive, tu fais « bon bah c’est ça, bye bye ». Mais là, quand tu ne te sens pas bien, tu commences à aller tout lire les affaires, c’est épouvantable.

Lili - Mais qu’est-ce que tu as fait justement ces fois-là où tu sentais que c’était trop et qu’il fallait peut-être que tu arrêtes comme... Qu’est ce qui fait que finalement t’es encore là, t’es encore une présence dans l’espace public?

Geneviève - Ben, je pense que je crois beaucoup, je crois beaucoup en l’être humain pour vrai. Même les pires personnes qui m’envoient les pires choses, pis même tu vois, quand il m’est arrivé ma controverse avec Élisabeth Rioux, parce que j’avais dit des choses épouvantables, il y a des gens dans notre milieu qui ont eu des propos très durs, vraiment très durs. Ça m’a fait vraiment de la peine parce que je me disais ça ne se peut pas que cette personne-là puisse penser ça pour vrai. Elle me connaît, elle sait que c’est une erreur, voyons donc, mais je ne suis pas rancunière, moi. Je comprends pourquoi à ce moment-là, mettons, on est tous des humains. Je pense que c’est pour ça que je continue à faire ce métier-là, parce que ça nourrit mon métier d’auteur dans le sens que moi j’aime ça qu’on se parle comment on est, j’aime ça qu’on réfléchisse à comment on est et je trouve ça utile dans une petite mesure.

Lili - La scientifique Vera Rubin, c’est clair que son genre, le fait qu’elle était une femme, ça la contribuer aux obstacles sur sa voie. Est-ce que tu penses que dans ton cas, c’est aussi vrai?

Geneviève - Bah bien sûr, la parole des femmes malheureusement, même en 2022 a toujours moins de valeur que celle d’un homme. Et je plaide coupable. Je vais me citer en exemple. Non, non, mais je suis sur quand même toi, on a des biais tellement inconscients, en tout cas si t’es passé au travers, bravo, moi je ne suis pas encore rendu là. Tu as deux personnes spécialistes de la politique qui vont parler, je ne sais pas, des élections de mi-mandat aux États-Unis. Quand le gars m’en parle, j’achète tout de suite là, ahh c’est un expert, il le sait! La fille, t’es comme ah? Mais on dirait que ça prend plus de temps. Non, pas un doute. Ça prend plus de temps, adhérer. Parce que dans notre tête, en tous cas, moi j’étais conditionnée à trouver que les gars étaient crédibles, que les gars c’était des experts, que les gars étaient des spécialistes dans leur domaine. 

Lili - Pis que les femmes ont des preuves à faire.

Geneviève - Je me surprends encore des fois même si je le vis, on est des êtres de paradoxes. Il ne faut pas avoir peur d’avouer ces choses-là parce que c’est comme ça qu’on s’en sort. En faisant « Hey! Là tu es en train de faire exactement ce que tu reproches aux autres de te faire ».

Lili - J’aimerais t’entendre aussi sur un peu la vie de famille. Parce que dans le cas de Vera Rubin, littéralement, fallait que, il y avait une conciliation famille-travail avec son, avec son conjoint, son mari. Mais il fallait qu’elle quitte le laboratoire à trois heures pour aller s’occuper des enfants qui finissaient l’école. Et ça lui a coûté une partie de son salaire de faire ça. Est-ce que tu penses que ça, c’est encore d’actualité ou c’est vraiment plus de cette époque?

Geneviève - Non, je pense qu’il n’y a rien qui a changé à ce niveau-là. Très honnêtement, les femmes sont arrivées sur le marché du travail, puis le marché du travail s’est nullement adapté aux familles. On a tous des beaux discours par rapport à tout ça. Il y a des compagnies qui se targuent d’être conciliation travail-famille. Mais la vérité, c’est que tout le monde agit comme si c’était super cool avoir des enfants, mais il ne faut jamais que ça paraisse. C’est-à-dire que ne serait-ce que physiquement, premièrement, faut que tu reviennes au top de ta shape sinon, oh mon dieu, tu te laisses aller et t’as l’air dont ben fatiguée. Puis, ensuite, il faut que tu sois disponible tout le temps, comme les gens qui n’ont pas d’enfant. Il faut que tu puisses rester. Moi, je parle du monde médiatique parce que c’est le monde que je connais, mais je veux dire, il faut que tu sois de garde 24-7 tout le temps pour pouvoir être là. Parce que sinon, ce qu’on te dit, c’est qu’il y a quelqu’un d’autre qui va la prendre ta place, donc, c’est miser sur cette insécurité-là sans arrêt. Puis je trouve qu’on nous a beaucoup nourris au petit lait, qu’on peut tout avoir et il n’y a rien de plus faux que ça là. Moi j’ai négligé ma famille pour avoir pour grimper les échelons dans ma carrière. Puis parfois, j’ai sacrifié des échelons de cette carrière-là parce qu’il fallait que je sois avec mes enfants, parce qu’ils avaient besoin de moi, donc tu peux tout avoir, mais pas en même temps. Ça, c’est faux, ce n’est pas vrai. Puis il faut arrêter de penser… Forcément, il faut sacrifier quelque chose. Absolument.

Lili - Mais dans ce temps-là, les hommes pouvaient tout avoir. Ils pouvaient avoir la famille, la carrière. Ils n’avaient pas de problème parce que ce n’était pas eux qui....

Geneviève - T’as-tu remarqué qu’on demande jamais aux gars comment ils concilient le travail et la famille?

Speaker 3 - Oui.

Geneviève - Quand on reçoit....

Lili - Je t’en parle à toi. Je suis coupable de.

Geneviève - Non, mais c’est parce que là, c’est dans le sujet. Oui, ça a rapport, mais. Mais moi, ça m’est arrivé souvent d’être en entrevue pour parler des choses que je faisais. Pis les gens me demandent, mais comment vous faites? Vous avez trois enfants, cinq en garde partagée pis on ne pose jamais la question à mon chum. Pourtant, il fait la même chose que moi, il écrit des livres, il est partout dans les médias, il a deux enfants, il est père solo parental comme moi. Et on ne lui demande jamais comment il fait. Jamais! Non, mais c’est vrai, on ne pose jamais cette question-là. Je recevais des femmes ministres à mon émission, Geneviève Guilbault, Sonia Lebel, des femmes qui ont des vies et, c’est drôle, j’avais toujours la discussion avec les recherchistes avant, parce que des fois, il propose des questions, et c’est souvent : « hey, demandes-y dont comment c’est être à l’Assemblée nationale avec des enfants? » Mais pourquoi? Je comprends, quelqu’un qu’a un jeune bébé, Catherine Dorion et tout ça, tu sais des statements comme « allaiter à l’Assemblée nationale » ça, c’est une autre chose. Mais on ne demande jamais aux hommes comment ils réussissent à travailler, puis à avoir des enfants en même temps. C’est comme s’il y avait toujours quelqu’un en arrière finalement pour s’en occuper, alors que parfois ce n’est pas le cas du tout. Il y a des pères.

Lili - Les pères peuvent rusher aussi. 

Geneviève - Bah, ils rushent… Il y a beaucoup de pères autour de moi, ils ne trouvent pas ça facile.

Lili - Ils aimeraient peut-être vouloir se faire poser la question pour pouvoir s’épancher sur le sujet.

Geneviève - Je pense que oui. Je pense qu’ils sont un peu tannés. Disclaimer. Ils sont un peu tannés d’entendre parler de charge mentale. Il y a des gars que ça vient chercher parce qu’ils disent : « ben oui, mais c’est parce que moi je la prends la charge mentale, je les prends les rendez-vous chez le médecin. J’y pense à ces affaires ». OK, mais t’es la minorité, monsieur quand même là! Parce que les statistiques quand même le démontrent, mais… Ce boulot m’encourage pour vrai dans la légalité.

Lili - OK! Je vais te poser une question. Je pense que tu ne l’aimeras pas, mais je vais la poser pareil.

Geneviève - Moi, j’aime toutes les questions.

Lili - Ah oui?

Peut-être tu n’aimeras pas ma réponse!

Lili - On va voir… Je veux savoir comment tu gères ton stress.

Geneviève - Ah, mais j’aime ça, moi, je trouve ça une bonne question. Ce qui m’énerve dans cette question-là, ce n’est pas que tu poses la question, c’est que c’est comme si on nous vend une société, où je trouve qu’on n’a plus le droit d’avoir aucun, aucune émotion négative, le stress, faut en venir à bout, faut être heureux. Il faut comme arrêter d’être anxieux alors que tous ces…, toutes ces choses-là sont des mécanismes qui existent pour des raisons. Tu sais, quand t’es stressée, il y a une raison. Ton corps est en train d’envoyer un message. Moi, je ne cherche pas à abolir le stress parce que pour moi, le stress, quand ce n’est pas malsain, c’est un moteur, moi ça me fait avancer. Moi, je cherche plutôt des façons de le canaliser dans quelque chose de positif. Moi quand je suis ben stressée de façon négative, je fais de la bouffe. Là, c’est ridicule. T’arrives chez nous, il y a toutes sortes de muffins pas rapport, j’essaie toutes les recettes, des soupes, plein d’affaires. Mon chum est comme « Ça va? »

Lili - Il sait…

Geneviève - Mais sinon moi, c’est vraiment très, c’est pas très original. Moi je promène mon chien, j’ai un chien, je marche avec comme trois, quatre kilomètres, et je vais au gym souvent, souvent. Moi, c’est comme ça que je sors la vapeur. Ouais, ouais, ouais. Mais j’en ai un peu contre la société qui essaie de nous imposer un peu d’être lisses. Tu sais, être fâchée là, tu peux plus être fâchée! La colère, c’est mal, être stressé, non! Là faut s’accomplir, être heureux, être positif. C’est donc ben fatigant.

Lili - Ça fait que tu n’aimes pas le concept, le positivisme toxique?

Geneviève - Ah, non.

Lili - Tu le ressens…

Geneviève - Je trouve qu’on est tellement là-dedans là, on est tellement… le selfcare… Hey Moi, si ça me tente de m’autodétruire un après-midi et d’aller boire trois coupes de vin et fumer une cigarette. Peux-tu me sacrer patience? Demain, j’en ferai du yoga. C’est comme si.

Lili - Pourquoi tu penses qu’on veut ça, qu’on veut tellement que tout le monde soit positif, tout le temps?

Geneviève - Bah parce que si le monde est positif, tout le monde est lisse, il n’y en a pas de problème, il y a plus de tension sociale. C’est comme… C’est un peu comme un abrutissement.

Geneviève - Je vais te donner un exemple là, c’est rendu que les gens performent leur dépression, pas dans le sens de performance, mais tu vois ce que je veux dire là? Je ne sais pas. Mettons, je fais une dépression. OK, moi je me connais, c’est clairement ce que je ferais si je faisais une dépression. Je dirais : « OK, là je fais une dépression, voici ce qui se passe. OK, là faut que je lise les livres, là je lis les livres, là je prends des notes, OK, là ils disent faut faire tant, tant, tant d’affaires par jour… »

Lili - tu vas t’éduquer sur la dépression.

Geneviève - Je vais devenir… non, mais là, je vais faire un cours de dépression pour performer ma dépression. Tu comprends, pour être comme une bonne dépressive. Tu comprends ce que je veux dire?

Lili - oui, oui, oui.

Geneviève - Ça fait que là, ils vont dire achète-toi une lampe solaire, OK je l’achète, je la commande sur Amazon, marche 30 minutes, ça, c’est check, le gym, les légumes… J’vais tout faire ça et après ça je vais dire… Mais pourquoi ça ne marche pas? J’ai tout fait… Tu comprends? C’est comme quand tu vas chez le psy, tu lui racontes tous tes problèmes, tu sors et tu te dis : « mais pourquoi ça ne marche pas? Pourquoi je ne suis pas guérie? »

Lili - Et c’est drôle, tu disais… J’entendais Jim Carey cette semaine, je pense sur les réseaux sociaux. Il disait qu’il y a un message dans le mot depressed c’est « deep rest ». J’étais comme wooooo!

Geneviève - Mais c’est ça. Je trouve ça beaucoup sur les médias sociaux, on performe. Là, j’ai donné l’exemple de la dépression parce que c’est un exemple intense là. Mais on performe notre vie de famille, la petite famille qui va aux pommes. Peut-être que tout a bien été, mais peut être que ce qu’on ne sait pas, c’est que Nathan a vomi dans le char après et que ses parents se sont chicanés parce qu’ils sont plus capables. J’veux dire ça, on ne le montre pas.

Lili - Dans le fond, ce n’est pas nécessaire de gérer son stress. C’est un peu ça là que je retiens.

Geneviève - Bah je ne dis pas que ce n’est pas nécessaire de le gérer. Je pense que quand le stress, parce que moi, c’est un moteur, mais quand je vois que c’est plus un moteur, puis que là, ça m’empêche de vivre. Parce que ce que je n’aime pas dans l’expression gérer son stress, c’est comme s’il y avait l’idée de l’abolir. Moi, j’aime mieux dire le canaliser, l’utiliser, le dompter comme si c’était un petit lion.

Lili - Donc il y a une certaine forme de résilience, je pense dans ta personnalité dans qui t’es parce que tu....

Geneviève - J’accepte tous les sentiments négatifs, ça, c’est sûr.

Lili - Ben ouais. Bah, ouais.

Geneviève& - Ça, c’en est une forme de résilience. Puis j’accepte qu’il y a des gens qui ne m’aiment pas. Ça, c’est nouveau. Quand j’étais plus jeune, j’étais comme « oh, mon dieu, elle ne m’aime pas »… Maintenant, je suis comme « bah, non elle ne m’aime pas! Qu’est-ce que tu veux? » J’accepte. Oui, j’accepte de ne pas être parfaite. Puis j’accepte surtout de me tromper.

Geneviève - C’est difficile, mais après ça, il faut, il faut accepter qu’on s’est trompé, et il faut le dire. Je connais des chroniqueurs qui ne vont jamais revenir sur rien de ce qu’ils ont dit jamais. Moi, je trouve que ce n’est pas une qualité.

Lili - Oui, je suis d’accord. Donc il y a des choses que tu acceptes, des choses que tu n’acceptes pas. Puis j’ai l’impression que quand tu te dis que tu ne te vois pas comme une personne résiliente, il y a des choses que tu ne veux pas accepter, tu ne veux pas accepter le sexisme, tu ne veux pas accepter certaines formes de discriminations.

Geneviève& - Non, mais moi, c’est exactement dans ce sens-là. Ce n’est pas vrai que je vais arriver dans un milieu, puis que je vais dire OK, voici les dynamiques de pouvoir. Voici toutes les affaires qu’on doit subir bon bah, c’est ça… qu’est-ce que tu veux? C’est de même! Moi, je vais être la fille qui va aller au batte, même si ça va nuire à sa carrière. Bon maintenant, peut-être que je vais au batte différemment, disons ça comme ça, mais c’est sûr que je vais le verbaliser à un certain moment mon inconfort.

Lili - Écoute, moi, je continue à te voir comme une personne résiliente…

Geneviève - J’accepte. J’accepte à moitié.

Lili - Mais dans le sens de persévérante. Peut-être que le thème de l’épisode devrait être la persévérance au lieu de la résilience.

Geneviève - Peut-être, la persévérance.

Lili - On choisit ce qu’on décide de ne pas accepter. Puis on reste là, puis on continue à… 

Geneviève - Ma mère, elle… Laisse en nous sur cette phrase philosophique, ma mère m’a dit une fois une chose parce que je me faisais vraiment bully au secondaire par une gang de filles et ça me faisait beaucoup pleurer, et à un moment donné je ne m’en sortais pas, pas que je me victimisais, mais j’étais pognée là-dedans et elle me disait « Geneviève, tu es responsable de ce que tu laisses les autres te faire, en ce sens que c’est toi qui décides de la place que ça prend et ce que ça te fait, à un moment donné t’as de la peine. Mais à un moment donné, qu’est-ce que tu fais avec ça? Est-ce que tu fais quelque chose ou tu fais juste foirer? » Je pense que ça vient un peu de mon côté persévérance.

Vera Rubin est un modèle de résilience et de persévérance. Elle a été critiquée, ridiculisée, alors qu’elle était la seule femme dans un milieu d’hommes. Ça l’a ébranlé. Ça lui a donné envie de se replier, de céder sa place… Mais la curiosité lui a insufflé une nouvelle impulsion. La curiosité pour l’astronomie, oui, mais aussi la curiosité de voir où ses capacités pouvaient la mener. Elle a appris de ses erreurs, elle a repris place derrière le télescope, et finalement, elle et sa théorie n’en sont sorties que plus fortes. Vera Rubin a réussi l’exploit de faire sortir de l’ombre la matière noire. C’est à son tour!

C'était nobELLES

Une production du Planétarium de Montréal en collaboration avec Extérieur Jour
Ce balado est un concept et une réalisation de Lili Boisvert
Idéatrices Camille Janson-Marcheterre, Sandy Belley, Laurence Desrosiers-Guité
Basé sur l’exposition nobELLES de l’artiste MissMe présenté au Planétarium un musée d’espace pour la vie

  • Directrice de projet : Alice Renucci
  • Productrices : Elodie Pollet & Amélie Lambert Bouchard
  • Monteurs et concepteurs sonores : Benoît Dame & Jérémie Jones
  • Musique : Bam Music

Merci aux intervenantes et aux intervenants pour leur générosité et leur franc parler. 

Nous vous invitons à nous suivre pour un prochain épisode. 

Merci!

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