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Que faire si une grosse météorite percute la Terre?

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En 2013, impact de météorite photographié à Tcheliabinsk, en Russie
Crédit photo : Shutterstock
Météorite à Tcheliabinsk, en Russie

Si une météorite de taille importante devait entrer en collision avec la Terre, pourrait-on le savoir longtemps à l'avance? Et si une telle collision arrivait, y a-t-il des protocoles établis par les différents pays pour faire face à l'événement? Olivier Hernandez, directeur du Planétarium, démystifie cette question anxiogène.

Ce texte est une adaptation d'une chronique diffusée en avril 2021 à l'émission Moteur de recherche, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première.

Qu'est-ce qu'une comète ou un astéroïde dangereux pour la Terre?

Un Objet potentiellement dangereux (OPD) est un objet spatial de grande taille dont la trajectoire passe suffisamment à proximité de la Terre pour poser une menace de collision. On les regroupe en deux catégories : les comètes potentiellement dangereuses (CPD) et les astéroïdes potentiellement dangereux (APD).

Essentiellement, ces corps célestes proviennent de la ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter et sont éjectés vers le Soleil. Leur trajectoire peut alors croiser celle de la Terre ou s'en approcher de très près. Pour que l'objet soit considéré dangereux, il doit passer à une distance inférieure à 7 millions de km ou 0,05 UA (unité astronomique).

On considère que la taille minimale dangereuse est d'environ 140 m de diamètre pour faire d'importants dégâts à l'échelle locale. Toutefois, même pour des diamètres plus petits, l'onde de choc résultante peut causer d'importants dégâts.

Exemples d'Objets potentiellement dangereux qui ont frappé la Terre.

Voici quelques exemples des dégâts causés par des OPD, en fonction de leur taille.

  • En 2013 à Tcheliabinsk, en Russie. Un OPD de 20 m de diamètre dégage une énergie de 440 kilotonnes et provoque une onde de choc 30 fois supérieure à la bombe d'Hiroshima. Comme l'onde se propage avant l'arrivée du bruit, 1000 personnes sont blessées par des éclats de vitre parce qu'elles observaient la météorite depuis leur fenêtre.
  • En 1908 à Toungouska, en Russie. Un OPD de 50 m de diamètre dégage une énergie de 5-10 mégatonnes, soit 1000 fois supérieure à la bombe d'Hiroshima, mais sans les radiations. L'onde de choc détruit 2 000 km2 de forêt.
  • Il y a 66 millions d'années, un OPD de 10 km de diamètre émet 45 millions de mégatonnes, soit plusieurs milliards de fois la bombe d'Hiroshima. Cette météorite crée le cratère de Chicxulub et, possiblement, provoque l'extinction des dinosaures.

Peut-on prévoir ces impacts?

De façon préventive, les scientifiques ont entrepris de recenser l'ensemble des astéroïdes et des géocroiseurs qui pourraient percuter la planète. Il existe plusieurs millions d'astéroïdes, mais peu ont une taille importante.

Jusqu'à maintenant, plus de 9 600 géocroiseurs de plus de 140 m de diamètre ont été recensés. De ce nombre, 890 font plus de 1 km de diamètre. On aurait ainsi découvert plus de 90 % des astéroïdes de plus de 1 km de diamètre. Les plus petits sont cependant plus difficiles à repérer.

Comment repérer les astéroïdes et les comètes?

Plusieurs télescopes sont dédiés à l'observation des OPD. Ils sont surtout situés dans l'hémisphère nord.

  • Panoramic Survey Telescope and Rapid Response System (Pan-STARRS), à Hawaii.
  • Catalina Sky Survey (CSS) de la NASA (3 télescopes), à Tucson en Arizona .
  • Une partie du temps d'observation de l'Observatoire Vera C. Rubin - un gros télescope de 8,42 m de diamètre situé au Chili. Il sera prêt en 2023.

La grande difficulté, c'est de repérer les OPD avant qu'ils entrent en collision avec la Terre car la plupart sont sombres et ne réfléchissent pas bien la lumière du Soleil. On dit que leur albédo, ou leur capacité de réflexion de la lumière, est faible, souvent de l'ordre de 2 % à 4 %.

à titre d'exemple, la météorite d'Almahata Sitta a été découverte 20 heures seulement avant sa chute sur Terre.

Que faire, une fois les comètes et les astéroïdes dangereux repérés?

Afin de s'y préparer, certaines simulations sont planifiées par le Jet Propulsion Laboratory via le Center for Near Earth Object Studies (CNEOS). à chaque deux années, le CNEOS propose un exercice à grande échelle qui simule la chute soudaine d'un astéroïde sur Terre.

Certaines options de déviation sont aussi étudiées. Il s'agit de ralentir ou dévier la trajectoire de l'OPD lorsqu'il est le plus éloigné possible de la Terre. La mission DART (Double Asteroid Redirection Test) de la NASA tentera justement de modifier les mouvements de l'astéroïde double Didymos-Dimorphos en le frappant avec un engin spatial. Ceci, afin d'étudier les résultats d'un tel impact.

D'autres options possibles existent aussi :

  • L'explosion d'une charge nucléaire à côté de l'astéroïde pour que l'onde de choc le dévie de sa trajectoire.
  • La modification de la couleur (albédo) de l'astéroïde pour le ralentir ou l'accélérer.

La pire des solutions reste la destruction de l'astéroïde par une bombe H. Ceci ne changera pas la trajectoire du son centre de masse et tous ses fragments retomberont sur Terre causant des dommages à maints endroits.

À quelle fréquence un gros météorite peut-il frapper la Terre?

La fréquence de possibles collisions d'un OPD avec la Terre est quand même très faible. On estime à un événement par 150 millions d'années, la probabilité qu'un gros OPD de 10 km percute la Terre.

Dans le cas de tout petits astéroïdes, la probabilité est estimée à une fois par année.

Enfin, la Terre n'est pas la seule planète « visitée » par des croiseurs. La plus belle des collisions a eu lieu en juillet 1994, quand la comète Shoemaker-Levy 9 est entrée en collision avec la planète Jupiter, donnant lieu à des images spectaculaires.

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