- 19 Février 2020 - Jardin botanique : Coups de cœur, Coulisses du Jardin, Secrets des plantes
Mystérieuses et fascinantes, les plantes insectivores suscitent toujours curiosité et engouement. Récemment, le Jardin botanique a acquis de nouveaux spécimens pour sa prochaine exposition!
Carnivores ou insectivores?
À l’origine de nombreuses légendes comme celle de « L’arbre mangeur d’hommes de Madagascar » populaire au 19e siècle, les plantes carnivores ne sont pas aussi voraces. Les proies capturées sont le plus souvent des insectes variés : fourmis, termites, mouches… C’est pourquoi on parle plutôt de plantes insectivores. Celles arborant les plus grands pièges, comme les népenthès, peuvent capturer accidentellement grenouilles ou petits mammifères. Dans ces rares cas, on peut parler de plantes carnivores, mais soyez rassurés, elles n’attaquent pas! Cette faculté d’attirer, de capturer et de digérer des proies vivantes a évolué chez environ 600 espèces des plantes, réparties dans 18 genres et 8 familles botaniques.
Pourquoi des pièges?
Les plantes insectivores poussent le plus souvent dans des milieux humides, acides et pauvres en nutriments, comme les tourbières. Après plusieurs milliers d’années d’évolution dans ces habitats, elles ont développé des feuilles spécialisées en différents types des pièges. Ainsi, la digestion des insectes procure des éléments nutritifs peu ou non disponibles dans leur milieu.
Les acquisitions au Jardin
Pour la nouvelle exposition, des spécimens de plusieurs espèces de népenthès arrivent d’aussi loin que le Sri Lanka. Cueillis directement à l’aéroport, ceux-ci ont été acclimatés dans une serre nouvellement aménagée pour les recevoir. En effet, un système d’osmose inversée pour traiter l’eau afin de la déminéraliser a été installé. Ce système permet l’arrosage et la brumisation de la serre afin de garder un taux d’humidité élevé. Des nouvelles espèces d’héliamphoras, de sarracénies, droséras et autres sont aussi venues s’ajouter à notre collection.
Népenthès
Les népenthès possèdent des pièges passifs avec des feuilles modifiées en urnes. Les insectes, attirés par les glandes nectarifères situées sous l’opercule, une sorte de parapluie dominant l’urne, pénètrent dans le piège et glissent sur les parois internes surmontées d’un bourrelet infranchissable. Les proies finissent noyées dans le liquide digestif au fond de l’urne. Les népenthès utilisent l’action conjuguée d’enzymes qu’ils sécrètent et des bactéries ambiantes pour digérer leur repas.
Dionées
D’autres spécimens, comme les dionées, ont été multipliés en culture in vitro par une compagnie spécialisée. La dionée possède des pièges actifs à mâchoire, formés de deux lobes colorés dont les bordures extérieures sont garnies de nombreux cils. Au moment où la proie entre en contact avec les poils sensibles situés sur les lobes, ceux-ci se replient à une vitesse record de 1/30 de seconde! Les cils s’imbriquent parfaitement lors de la fermeture du piège. La proie est alors digérée grâce aux enzymes produites par des glandes situées sur la face interne des lobes. Vivace, la dionée atteint son développement complet vers l’âge de 10 ans. Revenez donc voir ces spécimens dans quelques années!
Une toute nouvelle exposition
Pendant la dernière année, l’équipe d’horticulture a relevé tout un défi pour offrir cette nouvelle exposition. Ces quelques plantes insectivores ne sont qu’un échantillon de ce qui vous attend. N’ayez crainte, elles sont bien nourries!
Les Plantes étranges de Mme Z »
Du 26 février au 26 avril 2020
Grande serre du Jardin botanique