- 30 Octobre 2024 - Insectarium : Mission monarque
Si ma première expérience à courir un demi-marathon m’a appris quelque chose, c’est que 21 kilomètres, c’est long! Imaginez alors les 4000 km que doivent parcourir les monarques pour atteindre leurs aires d’hivernage. Alors que les premiers champions vont bientôt franchir la ligne d’arrivée de la région du Michoacán, au Mexique, on peut se demander pourquoi ces papillons se donnent tant de mal. Pourquoi donc les monarques migrent-ils?
Le monarque, un grand voyageur!
Le monarque est, à l’origine, un papillon tropical. Des populations de l’espèce se retrouvent un peu partout sur la planète (Amériques, Îles du Pacifique, Océanie...), et certaines de ces populations ne migrent pas. En effet, dans les conditions favorables, les générations peuvent se succéder de façon continue, comme c’est le cas pour des groupes de monarques au Mexique et en Amérique du Sud.
Pourquoi, alors, d’autres choisissent-ils de s’éloigner des tropiques, année après année? Probablement pour éviter la forte compétition de leur environnement. L’asclépiade, plante nécessaire à la croissance des chenilles de monarque, abonde en été dans les régions plus nordiques. Pour le monarque, c’est un buffet à volonté! En élargissant son territoire, il a donc accès à davantage de ressources nécessaires au développement des chenilles.
Les défis de l’hiver
Il y a pourtant un prix à payer pour cette abondance : l’arrivée de l’hiver! Les insectes vivant dans les milieux tempérés ont développé différentes stratégies pour survivre à la saison froide. Certaines espèces se cachent ou s’enfouissent, d’autres profitent de la protection de la neige pour rester actifs. (Pour en savoir plus, lisez nos textes de blogue: Insectes en hiver et Des insectes sous zéro) Le monarque, quant à lui, a développé une formidable capacité de se déplacer sur de longues distances et une habilité hors pair à naviguer vers des sites d’hivernage bien précis.
Ces sites d’hivernage ne sont pas choisis au hasard. Les forêts de sapins oyamels, dans le centre du Mexique, offrent des conditions parfaites pour passer l’hiver. La température est assez fraîche pour permettre aux papillons d’adopter un métabolisme qui limite la dépense d’énergie, les arbres offrent une protection contre le vent et l’humidité y est adéquate. En quelques mots, des sites qui valent le déplacement!
La migration au cœur de la Mission
La formidable migration des monarques est un spectacle inégalé. Elle stimule la curiosité scientifique, l’attachement culturel et la passion des humains. C’est grâce aux habitats riches et hospitaliers du nord de l’Amérique que nous pouvons observer ce magnifique papillon, d’un été à l’autre.
Pour préserver ce phénomène unique, nous devons préserver les habitats qui sont nécessaires à la reproduction du monarque. En connaissant les habitudes du papillon et les milieux qui lui sont le plus favorables, il sera possible de mettre en place des plans de protection de l’espèce. Et c’est justement le but de Mission Monarque!
Tous ensemble dans cette mission, veillons à ce que nos visiteurs ailés trouvent toujours les asclépiades qu’ils sont venus chercher au Canada.









