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Une « croisière » pas comme les autres !

Le Laurence M Gould
Credit: © Thomas Desvignes
Le Laurence M Gould
Une « croisière » pas comme les autres !

La cadence est la suivante… un coup de chalut aux deux heures sur les sites de pêche prédéterminés et ce, 24 h sur 24 à moins d’avis contraire de la part du capitaine.  Le quart de nuit est le plus actif, mais aussi le plus difficile pour la qualité du sommeil.  Il n’y a plus d’horaire et plus ça va, plus on chevauche le quart de travail de notre collègue, la dimension temporelle fout le camp! Ce collègue se nomme Braedan McCluskey, un étudiant à la maitrise de l’Université de l’Oregon venu donner un coup de main à la mission.  Un grand gaillard de descendance scandinave.

La pêche au casier

On s’affaire également à la réalisation de pêche au casier,  beaucoup moins dommageable pour le fond marin, mais qui ne permet de capturer que Notothenia coriiceps (la bocasse noire).  Je saute munie d’une pelle dans le grand bac isothermique contenant les harengs qui serviront d'appât pendant que d'autres s'affairent à emplir les poches à appâts. Après avoir bien scruté le profil du fond marin pour maximiser la récolte, 4 lignes de 4 casiers seront déployées sur le fond. Le chalutage nous permet quant à lui de récolter la majorité des poissons des glaces.

Et l’objectif de cette pêche?

L’objectif, je vous le rappelle, est de rassembler un nombre optimal de poissons en état de reproduction et de les ramener non seulement vivants, mais enclins à la reproduction en captivité et ce, malgré les mauvais traitements associés à la pêche au chalut.  Alors quand on ne pêche pas, on s'active pour rendre les conditions de transport les plus favorables à nos précieux passagers.  Je note plusieurs améliorations qui pourraient y contribuer que je choisis de ne partager pour l’instant qu’à mon arrivée à Palmer, car elles sont impossibles à mettre en œuvre pour l'instant.  Je vous mets au parfum ?  Préservation de l’intégrité de la peau d’abord puis mucus synthétique style « mousse de bain pour poissons » et s’en suivra des traitements topiques, si le mal persiste ou s’aggrave.  La raison est pour moi évidente, le Grande-gueule a la peau d’une fragilité rarement rencontrée et déconcertante !  Sans écaille, bien vascularisée et ultra mince cette peau est très vulnérable à l'abrasion et sa guérison peu probable. Je me sens finalement prête à vous faire découvrir pourquoi ces poissons sont si uniques et font l’objet de travaux sur les changements climatiques, la formation des os et le stress oxydant (le vieillissement).  Sur ce dernier point, c’est mon collègue Pierre Blier qui va être content.

 

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