Les bonsaïs du Japon
Le mot chinois pun-sai, devenu bonsai en japonais, signifie « planté/cultivé dans un pot peu profond ».
L'art du bonsaï est introduit de Chine vers le 10e siècle. Les premiers bonsaïs étaient cultivés selon les formes chinoises.
Après l'arrivée de la secte zen au Japon au 12e siècle, les bonsaïs ont graduellement évolué pour refléter les préceptes de simplicité et de sobriété.
Aujourd'hui, il existe plusieurs variantes regroupées en cinq formes de base :
- verticale
- quasi verticale
- inclinée
- en semi-cascade
- en cascade
Pour réaliser ces styles, les personnes pratiquant l’art du bonsaï au Japon utilisent un fil de métal qui sert à donner une forme particulière à chaque arbre. Le bonsaï est sculpté, tout comme un matériau ordinaire servant à créer une œuvre d'art.
Les penjings du nord de la Chine
Les arbres miniatures, ou penjings, du nord de la Chine se caractérisent par des troncs courbés en lignes élégantes, parfois exagérées ou anthropomorphiques. Leur feuillage est souvent arrangé en forme de paliers ou de nuages.
Les penjings, généralement moins connus que les bonsaïs japonais, reproduisent de façon artistique et expressive un arbre dans son milieu naturel, reconstitué à une échelle très réduite.
À la différence du bonsaï, qui est un arbre solitaire ou une forêt en pot, le penjing évoque un paysage grâce aux éléments auxquels il est associé : pièces d'eau, pierres, figurines.
Des techniques de sculpture perfectionnées depuis des siècles
Les horticulteurs et horticultrices de Shanghaï ont perfectionné des techniques ancestrales afin de modifier l'apparence des penjings. La greffe et la sculpture des troncs, par exemple, sont parmi celles qu'ils utilisent fréquemment. Ils font aussi usage du fil de cuivre, contrairement aux horticulteurs du sud de la Chine.
L'usage du fil de métal remonte d'ailleurs au 18e siècle en Chine. Les Japonais utilisent maintenant couramment cette technique pour modeler les bonsaïs.
Les penjings peuvent mesurer de quelques centimètres jusqu'à sept mètres de hauteur. On dit qu'un penjing est miniature lorsqu'il peut être porté dans une main.
Les penjings du sud de la Chine
Le style Lingnan des penjings du sud de la Chine se démarque par sa technique de « laisser croître et tailler » (clip and grow). Il n’y a pas de ligature employée. Les arbres de Hong Kong appartiennent à cette école.
Cette méthode a été mise au point à la fin du 19e siècle par quatre experts de la culture en pot d'arbres miniatures, en s'inspirant d'œuvres de l'école de peinture Sung, originaire du sud de la Chine.
Le don de M. Wu Yee-sun
La collection des penjings du sud de la Chine du Jardin botanique de Montréal provient en grande partie de la collection Man Lung Penjing de Wu Yee-sun (1900-2005), un expert de renommée internationale de Hong Kong.
Les penjings reçus de M. Wu ont été cultivés et modelés selon les techniques mises au point par le maître lui-même à partir de traditions héritées de ses ancêtres.
Récoltés en Chine continentale et choisis avec grand soin pour leurs qualités exceptionnelles, ces arbres évoquent les paysages grandioses d'où ils sont issus. Il s'en dégage une impression de robustesse et de maturité.
La technique Lingnan utilisée par M. Wu consiste essentiellement à laisser croître puis à tailler. Il s'agit de sculpter un tronc ou une branche de façon à favoriser la croissance d'un rameau ou d'un bourgeon.
L'orientation que prennent les nouvelles pousses, ainsi que la dimension qu'on leur permet d'atteindre, se conjuguent pour donner aux arbres l'effet désiré. Cette technique est favorisée par la longue saison de croissance dans le sud de la Chine et par la croissance vigoureuse d'une grande variété d'arbres tropicaux ou semi-tropicaux.
M. Wu recherchait le naturel avant tout, accordant une extrême importance à chaque détail. La nature était sa première source d'inspiration, et la pureté du style le critère de l'excellence visée.
Les bonsaïs du Vietnam
L'art du bonsaï est fort populaire au Vietnam. Les arbres tropicaux utilisés sont généralement des espèces indigènes ou naturalisées, prélevées dans leur milieu naturel.
Les formes des arbres miniaturisés vietnamiens, notamment l'élégance et les courbes des troncs, témoignent de l'influence chinoise. Cependant, les proportions des troncs ainsi que les branches qui présentent moins de ruptures graphiques, tendent davantage vers l'esthétisme japonais.
Les bonsaïs exposés occasionnellement dans le Complexe d'accueil ont été offerts au Jardin botanique de Montréal en 1999 par le Dr Quoc Kiet Tang. Cette collection d’arbres miniatures vietnamiens est la plus importante et la plus diversifiée en Amérique du Nord.
Les bonsaïs nord-américains
L'art du bonsaï a connu un engouement auprès du public nord-américain depuis les années 1950.
D'abord influencés par l'esthétisme japonais, les « bonsaïstes » d'ici ont rapidement développé des formes reflétant celles des arbres de notre environnement.
Une des particularités de notre collection est qu’elle regroupe seulement des espèces nord-américaines. Ainsi, des mélèzes, des thuyas et des ormes d’Amériques comptent parmi nos bonsaïs regroupés au fil des décennies.