Déjà en novembre, les mâles arborent leur plumage nuptial. Ainsi, parades et accouplements sont fréquents durant tout l'hiver sur le fleuve Saint-Laurent. Tôt en mai, le couple effectue une courte migration vers l’intérieur des terres, dans la forêt boréale.
Généralement, l'aire de reproduction comprend un petit lac de tête ou un étang grouillant d'invertébrés que les adultes défendront avec agressivité.
Pour nicher, la femelle a aussi besoin d'une cavité, habituellement un trou dans un gros arbre, bien qu'elle s'accommode volontiers d'un nichoir artificiel. Dans ce nid qu'elle aménage seule, la cane pond entre quatre et douze œufs (en moyenne six).
L'incubation, qui dure de 28 à 30 jours, ne débute qu'à la fin de la ponte. Ainsi, les œufs vont éclore tous en même temps. Or, avant même que les œufs n'éclosent, le mâle quitte le territoire pour aller muer avec ses congénères, souvent à des centaines de kilomètres au nord.
Peu après l'éclosion, la cane incite ses poussins à sortir du nid. Puis, elle les conduit vers le lac, où ils trouveront la nourriture nécessaire à leur croissance. La femelle assure la surveillance de ses canetons durant six semaines. Les jeunes s'envolent environ deux semaines après avoir quitté leur mère.
Tous les garrots se retrouvent dans leur aire d'hivernage en novembre. En général, chez les oiseaux où le mâle ne participe pas à l'élevage des jeunes, le couple ne dure qu'une seule saison. Chez le garrot d'Islande, il arrive pourtant que mâle et femelle se retrouvent et s'unissent à nouveau sur les aires d'hivernage, après quatre mois de séparation.