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La classification des insectes

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Que veut dire classifier un insecte pour un scientifique? Il s’agit de le positionner au sein d’un système de classification appelé taxonomie. Dans ce système, chaque catégorie représente un niveau de caractéristiques de plus en plus précis, allant du plus général au plus spécifique.

Dans la taxonomie des êtres vivants, les catégories couramment utilisées sont le phylum, la classe, l’ordre, la famille, le genre et l’espèce. Ainsi, un phylum regroupe plusieurs classes, chaque classe comprend souvent plusieurs ordres, et ainsi de suite, jusqu’à l’espèce.

Ce système, établi par le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), permet aux scientifiques d’avoir recours aux termes latins pour désigner non seulement les insectes, mais plus largement l’ensemble du monde vivant. On l’appelle la nomenclature binomiale.

L’exemple du bourdon fébrile

Pour déterminer la place d’un insecte au sein des différentes catégories taxonomiques, les entomologistes commencent par observer ses caractéristiques anatomiques, et repèrent ensuite celles qui sont communes à chaque niveau de classification. Pour illustrer ce système, prenons l’exemple du bourdon fébrile.

C’est en comparant ses caractéristiques à celles d’autres espèces déjà classées que les entomologistes peuvent identifier un insecte et lui attribuer sa position appropriée dans la hiérarchie taxonomique. Ainsi, le bourdon fébrile est catégorisé de la façon suivante :

  • Phylum : Arthropoda
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Hymenoptera
  • Famille : Apidae
  • Genre : Bombus
  • Espèce : impatiens

Pour arriver à cette classification, les scientifiques ont déterminé que les bourdons, tout comme les araignées, les mille-pattes et les crabes, possèdent un exosquelette et des pattes articulées. Ces caractéristiques communes permettent de les classer, tout comme les arachnides, les myriapodes et les crustacés, dans le phylum Arthropoda.

Parmi les arthropodes, ceux qui présentent un corps divisé en trois parties et six pattes appartiennent à la classe Insecta. Les bourdons, les grillons et les mouches en constituent de bons exemples. Comparativement, l’araignée appartient à la classe Arachnida, car son corps est divisé en deux parties et elle possède huit pattes. Elle ne fait donc pas partie des insectes.

Les bourdons possèdent deux paires d'ailes membraneuses, qui se joignent lorsqu’ils sont en vol grâce à une série de minuscules crochets. On retrouve cette caractéristique chez d’autres insectes, notamment les guêpes et les abeilles. De ce fait, ces espèces appartiennent à l’ordre Hymenoptera.

Chez les hyménoptères, les bourdons et les autres espèces d’abeilles ont des pattes postérieures adaptées pour cueillir et transporter le pollen. Ils sont regroupés dans la famille Apidae. Les guêpes sociales, qui sont dépourvues de cette adaptation, font plutôt partie de la famille des Vespidae.

Les bourdons appartiennent au genre Bombus, car contrairement à l’abeille domestique, ils possèdent des setae (structures velues) sur les yeux composés, et des épines sur les pattes postérieures. L’abeille domestique fait pour sa part partie du genre Apis.

Enfin, les bourdons dont le premier segment abdominal est de couleur jaune appartiennent à l’espèce impatiens.

L’indispensabilité d’une classification pointue

Il peut arriver que la diversité au sein d’une même espèce oblige la création d’une classification encore plus fine. Par exemple, l'amiral blanc est un papillon dont le genre est Limenitis et l’espèce est arthemis. Cette espèce regroupe plusieurs populations distinctes, qui présentent chacune une apparence différente, mais qui pourraient se reproduire entre elles si elles se retrouvaient sur le même territoire.

Dans ces cas, on peut avoir recours à une catégorie de taxonomie encore plus précise que l’espèce : la sous-espèce. Il existe ainsi deux sous-espèces de l’amiral blanc : Limenitis arthemis arthemis (Drury, 1773) et Limenitis arthemis rubrofasciata. Bien que leur apparence diffère, ces deux sous-espèces appartiennent à la même espèce, et peuvent ainsi s’accoupler.

Enfin, dans le cas de l’amiral blanc, son nom scientifique se termine par le nom de la personne qui l’a décrit, et l'année de son identification. Ici, le nom du naturaliste qui l’a décrit pour la première fois en 1773 est Dury. L’ajout du nom et de la date entre parenthèses indique que le genre Limenitis a changé depuis la description initiale du papillon.

Le cloporte

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Cet arthropode appartient à l'ordre des Isopodes, dont la grande majorité des 10 000 espèces connues habitent le milieu marin. C’est un Crustacé. Il est donc plus proche des crevettes, des écrevisses, des homards et des crabes que des insectes et des mille-pattes.

Les cloportes ont un corps ovale et mesurent de 12 à 15 mm de long environ, ne dépassant pas 19 mm. Ils sont habituellement de couleur terne (grisâtre, brunâtre ou noirâtre). Ces animaux n'ont pas de véritable carapace, contrairement à beaucoup de crustacés. Leur corps est protégé par un exosquelette formé de plaques. Sur le thorax se trouvent également sept paires de pattes appelées « péréiopodes ».

La tête porte deux paires d'antennes dont deux sont longues. Les deux autres, appelées antennules, sont très courtes et visibles seulement sur la face ventrale de l'animal. Les yeux sont composés et souvent peu développés (probablement à cause de leur vie nocturne et parce qu'ils ne chassent pas pour se nourrir). Au repos, les pièces buccales sont couvertes d'une paire d'appendices thoraciques appelés « maxillipèdes ».

Des arthropodes au sang bleu pâle!

Ceci est dû à la présence d'hémocyanine, un pigment bleu pourvu d'un noyau de cuivre. Cette molécule assure le transport de l'oxygène dans le corps de l'animal, comme le fait l'hémoglobine (pigment rouge à noyau de fer) chez les humains. Le sang des cloportes devient incolore lorsqu'il est pauvre en oxygène. Pour respirer, ce crustacé terrestre est généralement pourvu de pseudotrachées situées sur l'abdomen. Le nombre de « poumons » varie selon les espèces (zéro, deux ou cinq paires). Ils apparaissent sous forme de taches blanchâtres visibles à l'œil nu sur la partie ventrale du cloporte.

De rares crustacés qui passent leur vie entière sur terre

Les spécialistes croient que les cloportes ont évolué à partir d'ancêtres qui vivaient au fond des mers. Ils auraient accédé directement au milieu terrestre à partir de l'océan, sans transition par des milieux d'eau douce. La majorité des espèces ne peuvent survivre que dans des habitats humides. Certains cloportes vivent d'ailleurs encore exclusivement sur les bords de mer, où ils s'abritent dans les crevasses des rochers ou sous des algues échouées. Le développement des jeunes dans une poche incubatrice qui remplace en quelque sorte la phase larvaire aquatique constitue un élément important dans l'évolution du groupe vers la vie terrestre.

Le pseudoscorpion

Les pseudoscorpions ressemblent à de très petits scorpions au corps ovale et aplati. Comme ces derniers, ils portent une paire de gros pédipalpes terminés par des pinces. Par contre, ils n'ont pas d'aiguillon au bout de leur abdomen et l'extrémité arrière de leur corps est courte et arrondie (elle est allongée pour former un telson chez les vrais scorpions). Ils mesurent en moyenne de 2 à 4 mm de long. Aucune espèce connue ne mesure plus de 8 mm.

Les pseudoscorpions ont deux ou quatre yeux, parfois aucun. Leur coloration varie de beige jaunâtre à brun foncé. Les pinces sont parfois noires. Le mâle et la femelle sont semblables.

De petites pinces très efficaces

Les pinces des pseudoscorpions portent à leur extrémité (généralement sur la partie mobile) une glande à venin bien développée. Cette glande peut se trouver sur les deux pinces ou sur une seule. Les pseudoscorpions utilisent leurs pédipalpes pour attraper leurs proies, qui sont ensuite paralysées ou tuées par le venin.

Une fois paralysée, la proie est saisie par les chélicères, ces deux crochets situés de chaque côté de la bouche, qui déchirent son exosquelette. Comme chez l’araignée, le pseudoscorpion aspire des substances prédigérées, car une partie de la digestion a lieu à l'extérieur, dans le corps de la proie. Lorsqu’il aspire sa proie, des poils filtrent les particules solides pour ne laisser passer que les liquides. Quand il y a trop de particules accumulées, le pseudoscorpion les éjecte. Après le repas, il nettoie ses pièces buccales complexes à l'aide de structures en forme de peignes situées sur les chélicères.

Les pseudoscorpions portent leurs pédipalpes devant leur tête lorsqu'ils se déplacent. S'ils sont dérangés, ils ramènent les pinces au-dessus de leur carapace et s'immobilisent. Ils sont capables de se déplacer à reculons.

Les pseudoscorpions possèdent des glandes qui produisent les fils de soie destinées à la fabrication de leurs cocons. L'ouverture du canal de ces glandes est située sur les chélicères.

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La toile d’araignée

La toile orbiculaire des araignées est un piège passif efficace, destiné à capturer les insectes. Ces derniers, qui n'ont rien vu du guet-apens, restent collés aux fils de soie jusqu'à ce que l'araignée vienne les paralyser et les manger. La plupart de ces toiles sont tissées par les espèces de la famille des Araneidae.

Les fils de la toile ne sont pas tous collants. C’est le cas des fils formant les rayons. Seule la soie qui forme la spirale est enduite d'une substance adhésive. Les vibrations produites par la proie qui se débat pour se libérer de la toile alertent l’araignée. Celle-ci possède sur ses pattes, des poils spéciaux anti-adhésifs et se déplace uniquement sur les fils non collants évitant ainsi d’être prise à son propre piège.

Certaines araignées produisent des fils de soie constitués du matériau le plus résistant connu sur la planète. À épaisseur égale, ces fils sont plus solides que l'acier! Leur élasticité est tout aussi remarquable, puisqu'on peut les étirer sur deux fois leur longueur sans les briser.

Le tissage d’une toile orbiculaire

La construction de la toile débute par la fabrication d’un fil porteur qui sera tendu horizontalement. Pour y arriver, l’araignée peut lancer un fil de soie dans le vent, à partir d’un point élevé, puis attendre que celui-ci se fixe à la végétation opposée. Ensuite, elle le tire au maximum, le plus horizontalement possible. Le fil porteur peut également être placé par l’araignée qui se déplace et traine le fil, fixé d’abord au point A, jusqu’au point B.

Une fois le fil porteur bien ancré, l’araignée le parcourt en trainant derrière elle un nouveau fil détendu qu’elle fixera au point opposé (ex : de A vers B).

L’araignée revient au centre du fil flottant où elle accroche un troisième fil (C) qu’elle tirera vers le bas, jusqu’au point D, où il sera fixé. Ces trois fils forment un Y dont le centre constitue le centre de la toile.

La structure porteuse (Y) permet à l’araignée de se déplacer aléatoirement. Elle file et tend les rayons afin de constituer une structure radiale ressemblant aux rayons d’une roue de bicyclette. Cette structure renforce le centre de la toile.

Une fois les rayons consolidés et les tensions équilibrées, l’araignée tisse une première spirale du centre vers l’extérieur. Cette spirale provisoire consolide l’ensemble de la toile. Jusqu’ici, aucun des fils produits n’est collants.

Finalement, l’araignée reprend son trajet, en sens inverse, en partant de l'extérieur vers l’intérieur, et produit des fils collants pour fabriquer une spirale finale à spires beaucoup plus rapprochées. En revenant sur ses pas, la fileuse dévore la spirale provisoire afin d’ingérer les protéines dont la soie est constituée.

Il arrive que la toile soit reconstruite le matin ou le soir, à peu près au même endroit, selon que l’animal est diurne ou nocturne. En général, la fabrication prend environ une heure. La vieille toile n’est toutefois pas détruite, car l'araignée en avale les fils avant de retisser son nouveau piège.

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L’araignée

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Les araignées ont un corps divisé en deux parties : le « céphalothorax » (tête et thorax fusionnés) et l'abdomen. Elles ont huit pattes, tandis que les insectes en ont six. Elles n'ont ni ailes ni antennes. Au bout de leur abdomen se trouvent les « filières », d'où proviennent les fils de soie qui servent à fabriquer la toile, les abris et les sacs contenant les œufs. Les femelles sont généralement plus grosses que les mâles.

Les araignées ont plusieurs yeux simples (souvent huit) placés de façon variable sur leur tête. La plupart ne voient pas très bien. Elles s'orientent plutôt grâce à des poils très sensibles, appelés trichobotries, situés sur leurs pattes. Leurs pièces buccales sont composées des chélicères, qui se terminent par un crochet, et des palpes, ou « pédipalpes », qui servent à sentir et à manipuler les proies.

En outre, les araignées sont incapables de mâcher ou d'absorber des aliments solides. Pour se nourrir, elles doivent liquéfier leur repas avant de l'ingérer. Elles injectent des liquides digestifs dans le corps de leur proie paralysée et en sucent ensuite le contenu, ne laissant qu'un exosquelette vide.

Le collembole

Bien qu’ils aient six pattes, les collemboles ne sont pas des insectes car, entre autres, leurs pièces buccales sont cachées dans leur tête. En comparaison, les pièces buccales des insectes sont projetées vers l’extérieur de la tête et facilement discernables.

Les collemboles sont de très petits arthropodes dépourvus d'ailes dont la forme, la taille et la couleur varient beaucoup selon l'espèce. La plupart mesurent moins de 3 mm de long, mais certains peuvent atteindre 1 cm. Ils ont comme caractéristique commune un appendice spécialisé en forme de fourche, la « furca », situé sous leur abdomen. La furca leur permet de se propulser dans les airs. Elle est réduite ou absente chez plusieurs espèces. Un autre organe spécifique aux collemboles est le « collophore », ou tube ventral, qui sert à aspirer des liquides et à adhérer à des surfaces lisses. Il participe aussi à la respiration de l'animal.

La tête des collemboles est ovale et porte une paire d'antennes. On trouve de un à huit yeux simples de chaque côté de la tête. Les yeux sont absents chez certaines espèces. Les pièces buccales ont des formes très variables. Celles qui servent à la mastication sont toujours cachées dans la tête.

La coloration des collemboles varie de blanchâtre à presque noir, en passant par toutes les teintes : jaune, orange, rose, rouge, vert, bleu, indigo… Ceux qui fréquentent souvent la surface du sol arborent généralement des couleurs plus vives.

Les collemboles constituent un groupe d'animaux très anciens. Les plus vieux fossiles de ces arthropodes datent d'il y a 380 millions d'années, durant la période du Dévonien, bien avant l'apparition des dinosaures. Des spécimens fossilisés âgés de 33 millions d'années correspondent à des genres et même des espèces encore actifs de nos jours.

Des as du saut en hauteur!

Les collemboles peuvent sauter à une hauteur atteignant de 50 à 100 fois la longueur de leur corps. Chez certaines espèces, les sauts frôlent un mètre de hauteur. Ils effectuent ces acrobaties aériennes grâce à un système qui se déclenche comme un ressort, d'où leur nom anglais de springtails. Le collembole saute pour fuir et échapper rapidement à ses ennemis. Pour ses déplacements habituels, l'animal marche sur le bout des griffes situées à l'extrémité de ses pattes.

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La métamorphose complète des insectes

Les mouches, les papillons, les phryganes, les abeilles, les fourmis, les coléoptères, bref, la grande majorité des insectes subissent une métamorphose complète (plus de 85 % des espèces). Les différences entre les larves et les adultes sont quelquefois si prononcées qu'il devient difficile pour quelqu'un qui ne connaît pas bien les insectes de savoir ce que deviendra une larve une fois parvenue à l'âge adulte.

Le cycle de vie des insectes à métamorphose complète, ou holométaboles, comporte quatre stades distincts : l'œuf, la larve (chenille), la nymphe (chrysalide) et l'adulte.

L’œuf et la vie larvaire

Après l’accouplement, l’insecte femelle dépose généralement ses œufs dans un endroit où les larves pourront trouver facilement leur nourriture. Selon les espèces, les œufs sont pondus individuellement ou en groupes, et l'éclosion survient au bout de quelques jours, plusieurs mois ou même plusieurs années.

Certaines espèces ne pondent que quelques œufs, d'autres plusieurs centaines, voire même des milliers. Chez certains insectes, comme quelques espèces de moustiques, les femelles sont capables d'effectuer plusieurs pontes en l'espace de quelques semaines. Chez d'autres, comme les insectes sociaux, les femelles s'occupent des œufs, les nettoient, les protègent et nourrissent les jeunes larves au nid pendant un certain temps.

La vie larvaire

Comme chez les insectes à métamorphose incomplète, la vie larvaire est essentiellement une étape de croissance. Entre chaque mue, l'insecte consacre pratiquement tout son temps à se nourrir. Certains insectes ne se nourrissent d'ailleurs que durant cette période.

Les larves des insectes à métamorphose complète ont souvent la forme d'un ver avec ou sans pattes. Plus ou moins mobiles, elles subissent un certain nombre de mues avant de se transformer, non pas en adultes, mais bien en nymphes.

La vie nymphale et adulte

La nymphose est une étape du cycle de vie qui est particulière aux insectes à métamorphose complète. C'est l'étape où s'opèrent les importantes transformations internes qui permettront à l'insecte de devenir adulte. Les ébauches d'ailes apparaissent à ce stade. À l'étape de nymphe, l'insecte ne se nourrit pas et est généralement immobile ou presque.

La vie adulte

Après une période plus ou moins longue au stade nymphal survient la dernière mue, qui marque le passage à la vie adulte. L'insecte adulte est habituellement ailé et très mobile. Il est capable de se reproduire et peut ainsi assurer la continuité de l'espèce.

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La métamorphose incomplète des insectes

Le cycle vital des insectes à métamorphose incomplète (ou insectes hémimétaboles) se déroule en trois grandes étapes : l'œuf, la nymphe et l'adulte. Dès sa sortie de l'œuf, la nymphe ressemble souvent déjà à l'adulte. Certains auteurs donnent le nom de « larve » à la nymphe des insectes hémimétaboles. On trouve aussi parfois dans la littérature le terme naïade, qui s'applique à la nymphe aquatique de certains insectes, comme les libellules et les éphémères.

Habituellement, la nymphe est aussi mobile que l'adulte, sauf qu'elle ne peut pas voler. Elle peut vivre dans les mêmes milieux que l'adulte ou dans des milieux très différents. Son alimentation aussi peut correspondre ou non à celle de l'adulte. Après avoir subi un certain nombre de mues, elle se métamorphose directement en adulte, aussi appelé imago.

Chez la plupart des insectes hémimétaboles, comme les criquets, les sauterelles, les punaises des lits, les mantes religieuses et les forficules, les très jeunes nymphes n'ont pas d'ailes. Mais après une ou plusieurs mues, des ébauches d'ailes apparaissent, puis s'allongent progressivement d'une mue à l'autre. La dernière mue constitue le passage à la vie adulte. Les ailes deviennent alors fonctionnelles et l'insecte acquiert toutes ses caractéristiques sexuelles.

Le scénario est sensiblement le même chez les libellules et les éphémères, mais cette fois, les différences entre les nymphes et les adultes sont plus marquées. Les nymphes vivent en milieu aquatique et respirent à l'aide de branchies, tandis que les adultes sont aériens et respirent au moyen de trachées.

On observe chez les éphémères un phénomène unique dans tout le monde des insectes. Une fois sa vie aquatique terminée, la nymphe gagne la surface de l'eau et se transforme en un individu qui, bien qu'ailé, n'est pas encore tout à fait un adulte. On l'appelle subimago, ou parfois préadulte. La dernière mue et l'émergence de l'adulte surviendront quelques heures plus tard.

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Le cycle de vie des insectes : de l'œuf à l'adulte

La durée de vie des insectes est très variable. Certains, comme les cigales, bouclent leur cycle en plusieurs années. D'autres, comme la drosophile, ou mouche à fruits, ne prennent que quelques jours. Durant cette période plus ou moins longue qui s'écoule entre la ponte d'un œuf et le moment, pour l'individu qui sort de cet œuf, de se reproduire à son tour, l'insecte subit une série de transformations parfois spectaculaires.

La mue

Les insectes possèdent un squelette externe, ou exosquelette, qui ressemble à une carapace ou à une armure. Cette enveloppe protectrice présente des avantages, mais aussi certains inconvénients, en particulier en ce qui concerne la croissance. En raison de sa grande rigidité, l'exosquelette est peu extensible et devient rapidement trop petit. L'insecte doit donc le remplacer périodiquement, au fur et à mesure qu'il grandit. On appelle ce phénomène de changement de peau, la mue.

Lorsqu'il est prêt à muer, l'insecte s'immobilise dans un endroit approprié. Un nouvel exosquelette a déjà commencé à se former sous l'ancien. Le moment venu, l'ancien tégument se fend au niveau du thorax et, en quelques minutes, l'insecte se dégage de cette enveloppe devenue trop petite. Il émerge, revêtu de sa nouvelle cuticule qui durcit  au contact de l'air. L'insecte reprend ses activités quelques heures plus tard et laisse derrière lui son vieil exosquelette, ou « exuvie ».

Le nombre de mues dans la vie d'un insecte varie habituellement de quatre à huit, mais il peut aller jusqu'à dix ou douze chez les libellules et même jusqu'à près de trente chez les éphémères. Sauf exception, comme chez les lépismes, les insectes cessent de grandir une fois qu'ils ont atteint l'âge adulte. Ils ne sont donc plus forcés de muer.

La très grande majorité des insectes changent d'aspect durant leur croissance. Cette transformation s'appelle la métamorphose. La métamorphose est qualifiée d'incomplète ou de complète selon l'importance des changements qui surviennent durant le développement.

L'absence de métamorphose

Seuls quelques groupes d'insectes ne subissent pas de réelle métamorphose. On les dit « amétaboles ». Chez ces insectes aptères (sans ailes), les nymphes ressemblent aux adultes, sauf pour leur taille, leurs glandes et leurs organes génitaux. Ils subissent aussi un certain nombre de mues pour grandir. Les lépismes font partie des insectes amétaboles.

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Les insectes suceurs

De nombreux insectes sont incapables de couper et de broyer des aliments solides. Ils se nourrissent uniquement de nourriture liquide. Chez les insectes suceurs, les mandibules fortes et tranchantes, les maxilles et certaines autres pièces buccales sont modifiées en stylets. Ces pièces buccales allongées forment un long tube par lequel les aliments liquides sont aspirés.

En général, la bouche des insectes suceurs fonctionne comme une pompe. Le nombre de stylets, leur agencement et leur fonctionnement permettent de distinguer les différents groupes d'insectes suceurs.

Les suceurs-lécheurs

Certains insectes suceurs, comme la mouche domestique et la drosophile, sont qualifiés « d'épongeurs ». Leur bouche ressemble à une éponge placée au bout d'une courte trompe appelée proboscis. La mouche domestique se nourrit généralement de nourriture liquide, mais elle est aussi capable de liquéfier des aliments solides avec sa salive. La mouche peut replier son proboscis sous sa tête lorsqu'elle ne s'en sert pas.

Les papillons sont des « suceurs ». Leurs pièces buccales comprennent des palpes labiaux et des maxilles allongées. Les maxilles sont soudées l'une à l'autre pour former une longue trompe. Au repos, cette trompe s'enroule sur elle-même, sous la tête; dépliée, elle ressemble à une paille. Les papillons sont donc fort bien équipés pour aspirer le nectar des fleurs et le jus des fruits fermentés.

Il y a toutefois quelques exceptions. Les adultes de certaines espèces de papillons de nuit, tel le papillon lune, ont des pièces buccales atrophiées et ils sont incapables de se nourrir. Ils vivent des réserves accumulées alors qu'ils étaient au stade chenille. D'autres (certains noctuidae) sont « piqueurs-suceurs ».

Les piqueurs-suceurs

Les insectes piqueurs-suceurs possèdent des pièces buccales appelées stylets qui leur permettent de percer la peau des animaux ou les tissus de végétaux afin d'aspirer les liquides internes.

Certains d'entre eux, comme les cigales et les pucerons, se nourrissent de la sève des plantes; d'autres, comme les punaises des lits, sucent le sang des humains et de certains animaux vertébrés; d'autres encore, comme les punaises assassines et les léthocères, se nourrissent d'insectes. Ces derniers peuvent piquer une proie, lui injecter de la salive pour liquéfier ses tissus et ensuite les absorber.

Les mouches noires, les brûlots, les mouches à chevreuil et les moustiques sont eux aussi des insectes piqueurs-suceurs. Les stylets, au nombre de six (deux mandibules, deux maxilles, l'hypopharynx et le labre), sont habituellement élargis et en forme de couteaux, sauf chez les moustiques, où ils sont très minces et en forme d'aiguilles.

Contrairement à ce que bien des gens croient, les mouches noires n'ont pas les « outils » nécessaires pour arracher des morceaux de peau. En réalité, les petites blessures qu'elles nous infligent sont provoquées par le cisaillement des stylets.

Les moustiques femelles, pour leur part, enfoncent leurs longues mandibules profondément dans la peau, à la manière d'une seringue, jusqu'à ce qu'elles rencontrent un capillaire. Puis, elles aspirent le sang qui coule. Comme tous les insectes hématophages (qui se nourrissent de sang), elles injectent de la salive afin de prévenir la coagulation du sang. C'est cette salive qui provoque l'enflure et les démangeaisons si désagréables.

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